La deuxième soirée citoyenne de la Plateforme pour une naissance respectée a eu lieu à Louvain-La-Neuve le 9 octobre 2015, en partenariat avec l’asbl CEFA et La Ligue des Familles.

Une vingtaine des mamans, futures mamans, citoyennes, sages-femmes, futures sages-femmes ont débattus sur l’importance de la naissance respectée, ont partagé leurs expériences et ont alimenté nos quatre revendications par des idées d’actions. Toutes ces idées sont compilées et feront l’objet d’une analyse plus approfondies.

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Comme c’est maintenant la tradition, voici les messages laissés par les participantes…

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Une naissance respectée, c’est…

« Avoir la possibilité de rester soi-même sans se sentir jugée, et jugée quel que soit notre choix »

« Une naissance où j’ai pu être actrice de mon histoire, entourée des personnes croyant en mon potentiel, me guidant si nécessaire. »

« Une naissance où l’équipe médicale respecte les attentes de la maman et l’écoute, la respecte. »

« Une naissance où un alliance se crée autour du bébé à naître (professionnels et parents). »

« Une naissance qui respecte l’intimité du moment dans des conditions physiologiques. »

« Une naissance respectée serait de pouvoir laisser la place à ce que la femme puisse prendre part à chaque moment dans ce processus. Que le rapport parte de la femme vers les professionnels et pas des professionnels qui se mettent au-dessus des envies de la femme. »

« Une naissance où le rythme de la maman et du bébé sont respectés. Où les besoins de la maman sont respectés. Où les conditions favorables au processus physiologiques sont respectées (intimité, pénombre, silence,…). Et dans le cas d’une grossesse et d’un accouchement sans risque, où le processus physiologique est respecté, c’est-à-dire sans interventions médicales non justifiées. »

« Une naissance sans pressions extérieures ni morale, ni physique, ni médical. Une naissance où le contexte favorise la confiance et le processus naturel. Contexte cocon et chaleureux humainement. Naissance en toute conscience et en lien avec le bébé qui naît… »

« Prendre en compte les souhaits de la maman en lui assurant une sécurité pendant l’accouchement. »

« La naissance d’un enfant sans violence médicale, avec des actes qui sont posés et choisis de concert avec les parents ! Des parents qui donnent naissance de manière informées ! »

« Prendre le temps que le bébé descende suffisamment, éviter les épisios. »

« Informer le couple parental de chaque acte médical qui va être posé et s’assurer de la bonne compréhension de celui-ci par les futurs parents. »

« Un accouchement qui respecte le rythme de l’enfant, de la maman. »

« Les besoins, désirs de la maman et du bébé écoutés, respectés, accompagnés. Et une place laissée libre pour le papa pour qu’il puisse lui aussi être acteur de ce moment tout particulier. »

« Lorsque l’accouchement se passe de façon naturelle. »

« Quand on respecte la femme et le bébé, ses choix, ses demandes. Etre à l’écoute. »

« Le respect de chacun, une écoute active et la liberté de choix respectée des mamans et de leur partenaire. Et pas de chantage effectif ! »

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Ce que j’ai le plus aimé lors de mon accouchement…

« Sentir que les professionnels m’ont fait confiance, ont cru en moi. »

« La naissance de mon dernier fils (2010). Naissance prévue et vécue à la maison (deuxième expérience pour nous les parents). Naissance en famille assistée de la présence de nos deux « grands ». Naissance en toute autonomie, sans intervention de la sage-femme qui arriva ¼ d’heure avant le terme ! Naissance accompagnée par nos sons de voix. Magnifique ! »

« Chaque naissance reste un moment magique, merveilleux de rencontre avec bébé, et quel dépassement personnel ! »

« La force et la vie dans les premiers cris de mon enfant, dans ses premières tétées… »

« L’émerveillement lorsque j’ai pu assister à mon premier accouchement, lors d’un stage en kiné périnéo. »

« L’impression d’être ‘connectée’ à mon service médical. L’impression d’être écoutée. La rencontre avec mon bébé que j’ai fait naître. »

« L’écoute et la bienveillance de l’équipe médicale lors de mes trois accouchements. »

« C’est sentir la confiance en nous. De pouvoir accoucher à son rythme, en libérant les cris qui m’envahissaient. C’est se sentir un animal sauvage. »

« Avoir eu la possibilité d’aller chercher ma fille moi-même, comme je le souhaitais, et l’accueillir sur ma peau ! »

« Les multiples attentions des équipes pour éviter la péridurale que je ne voulais pas malgré mon déclenchement. »

« Malgré une naissance qui ne s’est pas déroulée comme planifiée, passer la première heure de vie de son enfant tout contre lui, en peau à peau. »

« Ma gynéco qui me caresse le bras pendant le travail. »

« Lors de stage en maternité, l’accouchement par voie basse de jumeaux. »

« Lorsqu’il n’y a aucune complication lors de l’accouchement. »

« Assister à l’accouchement de ma petite sœur Luna ».

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Ce que j’ai le moins aimé lors de mon accouchement…

« L’anesthésiste qui me dit ‘vous courrez après la douleur’ => pas entendue du tout ! »

« Une césarienne qui n’était pas prévue, après une grossesse ‘parfaite’… Un accouchement ‘passif’. »

« Naissance d’un enfant mort-né. »

« Avec recul, pour une de mes grossesses, si j’avais pu être conseillée, en outre en me mobilisant davantage, je pense que cette naissance aurait pu être moins ‘traumatisante’ pour moi et mon bébé. »

« Episiotomie systématique. »

« La naissance de ma fille ainée (1977). Perte des eaux à 7 mois 1/2 => hôpital => infirmière donne une médication pour provoquer les contractions. Arrivée du gynéco qui dit STOP (pas adéquat en cas de prématurité !!!). Trop tard, le travail s’est déclenché, et finalement cela s’est terminé par une césarienne (anesthésie totale), apnée de + de 20 secondes. Ma fille envoyée dans un autre hôpital. Couveuse 1 mois ½. »

« Quand il y a complication / mort. »

« Un accouchement imprévu par césarienne. Aucun rôle pour le père que je suis à part tenir l’appareil photo… Loin de ce que j’imaginais, espérais et préparais depuis des mois. »

« Lorsqu’il y a une ou plusieurs complications lors de l’accouchement. »

« Durant la césarienne, le blabla des professionnels entre eux. Idem après naissance naturelle. »

« Cet affreux sentiment de solitude, de détresse, et cette sensation de dépossession de moi et de nous. »

« L’accueil ! ‘Ah, vous êtes en retard ! Le gynéco ne va pas être content’… »

« J’ai entendu dire par un gynécologue que ma tête et mon utérus ne fonctionnaient pas ensemble. On m’a demandé si j’avais autant crié en faisant l’enfant qu’en accouchant »

« Lors de l’accompagnement d’une maman à l’accouchement, les touchers à répétition de la sage-femme et du gynéco, sans aucun tact, sans vérifier si cela avait été effectué peu de temps avant. »

« Devoir subir un déclenchement pour raison médicale »

« Lorsque une stagiaire a tenté à plus de huit reprises de fixer une électrode sur la tête de mon bébé et que ceci me stressait énormément. En parallèle, le nombre d’intervenants différents sur 10 heures »

« Il me faudrait un carnet entier pour déposer ici les événements traumatisants, violents dont j’ai été témoin en tant que stagiaire sage-femme, au sein du milieu hospitalier. Des flashs me viennent devant les yeux. Une épisiotomie pratiquée sans consentement, sans raison médicale. Une pression sur le fond utérin avec une alèse pour accélérer l’expulsion. Des parents, après un accouchement très difficile, laissés seuls attendant de savoir si leur enfant est vivant ou mort… Tellement de situations d’une violence extrême qui me disent que je suis heureuse d’être ici ce soir. Merci à vous. »

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