Le GIP a organisé une journée d’étude : Quand les patients nous poussent à sortir de nos guidelines…

Le 18 mars le GIP (Groupe interdisciplinaire-interuniversitaire de périnatalité ULB/UCL) a organisé une magnifique journée d’étude. L’équipe de la Plateforme était présente.

Au programme

  • L’approche philosophie : Ecouter deux logiques non nécessairement compatibles
  • L’approche juridique : Ce que dit le droit
  • L’approche médicale : Naviguer entre protocoles et respect des demandes & Difficultés dans le rapprochement des points de vue, souci de bienveillance obstétricale.

Avec l’analyse de 3 cas pratiques: violences obstétricales, accouchement à domicile non assisté et bébé lotus.

Une journée riche de réflexions et de remise en question tant sur soi-même qu’avec les autres, sur la relation des soignants avec les parents et au sein des équipes, sur les attentes des soignants, les désirs des parents, les droits des parents et ceux des soignants, l’application des protocoles ou critères qui doivent être évalués à chaque situation individuelle, une balance bénéfices/risques toujours réfléchie au plus juste et l’importance et nécessité d’un consentement éclairé.

Nous retiendrons un nouveau mantra !

Et surtout cette magnifique conclusion :

N’oublions pas les priorités du soin à l’heure où des maternités sont bombardées.

Mais l’expression des usagères est une invitation salutaire à nous améliorer par le dialogue transdisciplinaire.

D’autres y réfléchissent dans le monde.

Merci aux organisateurs.ices pour cette journée de recul et de remise en perceptive. Plus d’information ici :

http://www.gip-perinatalite.be/actualite.php

Le programme de la journée


Féminisme, antiracisme et écologie : Regards sur les violences gynécologiques et obstétricales.

Le 16 mars dans le cadre des Midi d’Etopia, nous avons été invitées à participer à une conférence. En effet, notre étude continue de faire parler d’elle et permet d’aborder le sujet des violences gynécologiques et obstétricales sous des angles différents. Un aspect moins connu de ce phénomène, c’est qu’il peut voir s’y superposer le racisme et le sexisme.
Pour cette conférence, plusieurs invités se sont croisés :

– Marie-Hélène Lahaye, juriste, féministe et autrice de « Accouchement : les femmes méritent mieux »;
– Florence Guiot, présidente de la Plateforme pour une naissance respectée;
– Aissatou Diallo, étudiante infirmière et membre de la Plateforme.

Dans un premier temps, l’historique de l’émergence de cette question dans le débat public a été présenté par Marie-Hélène Lahaye. Dans un deuxième temps, Florence Guiot a présenté l’étude récente de la plateforme. Ensuite, Aissatou Diallo est venue témoigner de son expérience personnelle.

Pour terminer, la discussion serait lancée par Catherine Donner, gynécologue à l’ULB. De nombreux échanges de réflexions et de questions ont eu lieu. C’était un temps très riche pour mieux comprendre la complexité de cette situation. Merci à Etopia et à Sophie WUSTEFELD d’avoir invité la Plateforme.

Accoucher à Bruxelles et en Wallonie avant et pendant le COVID – Les résultats

Entre le 4 juin et le 15 juillet, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, a mené une enquête sur les circonstances de la naissance avant et pendant la pandémie de COVID. Dans ce cadre, elle a réalisé une enquête en ligne sur le vécu des femmes et le déroulement de la grossesse et de l’accouchement. Cette action prend place dans le plan Droits des femmes de la Ministre Linard. C’est une initiative de l’asbl Plateforme citoyenne pour une naissance respectée avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Notre enquête a rencontré un succès impressionnant auprès des femmes ! Largement partagée, près de 6.000 femmes ont souhaité participer.
Certains résultats sont sans appel, d’autres sont surprenants. Ces données, inexistantes avant notre enquête, sont une réelle avancée pour la santé et le bien-être des femmes. 

Les documents importants :

Suite à cette enquête, la Plateforme a réalisé deux documents qui présentent les résultats. L’un est une synthèse des éléments clés de l’enquête, l’autre est le rapport complet de toute l’analyse chiffrée.

La synthèse de notre enquête sur les conditions d’accouchement avant et pendant le covid.
Le rapport complet de notre enquête sur les conditions d’accouchement avant et pendant le covid.

Souvenirs de la soirée :

La presse en parle :

Suite à la soirée de présentation des résultats, nous avons eu un bon écho médiatique :

➡️Obstétrica : 
Enquête sur les condition d’accouchement en Belgique

➡️Le Spécialiste :

Une étude met en lumière les violences gynécologiques et obstétricales à l’accouchement
➡️Le Ligueur des parents – Ligue des familles : 
Une femme sur 5 est victime de violences au moment d’accoucher et l’ignore

Accouchement et vécu douloureux : ne pas rester seule…
➡️
la capitale :
Alarmante étude sur les violences gynécologiques et obstétricales à l’accouchement
➡️ Milf media : www.facebook.com
➡️RTBF Info : 
Une enquête révèle la réalité des violences obstétricales en Belgique : « L’arrivée de ma fille n’est pas un beau moment »

➡️Sudinfo.be 
Le Covid-19 a amplifié les angoisses des mères à propos de l’accouchement
➡️La Libre 
« Le Covid a volé mon accouchement »: comment les femmes ont-elles donné naissance en pleine crise sanitaire?
➡️Le Vif 
Accouchement : les violences gynécologiques sont loin d’être un mythe
➡️Mammouth : 
LA MATERNITÉ AU TEMPS DU COVID-19

Accoucher à Bruxelles et en Wallonie avant et pendant le COVID

Entre le 4 juin et le 15 juillet, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, mène une enquête sur les circonstances de la naissance avant et pendant la pandémie de COVID. Dans ce cadre, elle réalise une enquête en ligne sur le vécu des femmes et le déroulement de la grossesse et de l’accouchement. Elle appelle les femmes qui ont accouché après le 1er janvier 2019 jusqu’à maintenant à répondre au questionnaire en ligne qui sera diffusé et relayé sur plusieurs plateformes et site d’associations partenaires comme la Ligue des familles, l’UPSFB, La LUSS…. Cette action prend place dans le plan Droits des femmes de la Ministre Linard. C’est une initiative de l’asbl Plateforme citoyenne pour une naissance respectée avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le contexte de la naissance en Belgique :

Depuis sa création, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée œuvre pour une meilleure collecte des données et une transparence de celles-ci pour les usagères. Les femmes n’ont pas accès aux données médicales, les institutions n’ont pas accès au vécu des femmes. Aucune instance n’est mandatée pour réaliser ce travail. Les données médicales telles que le taux de césarienne, d’épisiotomie, de recours à la péridurale sont collectées pour la partie francophone du pays par le CEPIP depuis 2007. Or, ces données ne prennent pas en compte la question du consentement, le choix du lieu de naissance, le vécu des femmes etc. Suite à l’enquête nationale réalisée par l’INSERM et Santé publique France, on sait qu’en France les maladies cardiovasculaires et les suicides deviennent les deux premières causes de mortalité maternelle. Il est essentiel de se préoccuper du vécu des femmes qui accouchent.

L’impact du COVID sur les soins maternels et néonatals encore méconnu

La réorganisation des services hospitaliers pour faire face à la crise sanitaire du COVID, l’impossibilité de différer ou déplacer les accouchements, ou encore les restrictions de déplacement peuvent avoir des conséquences importantes sur la qualité et l’accès aux soins maternels et néonatals. La plateforme a reçu des témoignages de femmes ayant mal vécu le port du masque et l’interdiction d’être accompagnée.

En tant qu’association d’usagères des soins de santé, nous nous posons des questions sur ces pratiques, étaient-elles isolées, généralisées ? Quels ont été leurs effets ? Y a-t-il eu d’autres changements dans les protocoles ? D’autres répercussions ?  Des effets inattendus de l’épidémie COVID comme la diminution drastique de la prématurité, qui est plutôt une bonne nouvelle, méritent aussi d’être analysés.

L’OMS rappelle dans un communiqué que toutes les femmes ont le droit à une expérience d’enfantement positive et sans danger, qu’elles aient été testées positives au virus ou non. Ses recommandations affirment pourtant que les femmes doivent avoir accès à la présence d’un accompagnant de leur choix durant l’accouchement ou encore à des protocoles de soins appropriés pour soulager la douleur.  

Un contexte propice aux changements

Depuis un an, le monde politique et institutionnel se préoccupe davantage du vécu des femmes lors de l’accouchement et des bons traitements qu’elles reçoivent. En septembre 2020, la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales a été reprise dans le plan intrafrancophone de lutte contre les violences faites aux femmes. Le 23 avril 2021, le Sénat a voté la réalisation d’un rapport d’information concernant le droit à l’autodétermination corporelle et la lutte contre les violences obstétricales. La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée s’en réjouit. Elle compte profiter de ce momentum pour s’appuyer sur les conclusions de son enquête pour formuler des propositions concrètes visant à améliorer les circonstances de la naissance en Belgique dans un contexte COVID et hors COVID.

Un appel aux femmes au service des femmes

Afin de contribuer à l’amélioration de la qualité des services de maternité en Belgique, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée invite toutes les femmes ayant accouché depuis le 1er janvier 2019 à participer à cette étude. Cette participation consiste à répondre à un questionnaire en ligne sous forme anonyme qui sera diffusé et relayésur différentes plateformes et site d’associations partenaires. Les données ne seront communiquées et diffusées que sous une forme strictement anonyme, à travers l’utilisation de rapports, de statistiques et/ou de publications garantissant la protection des données et de l’identité. Les analyses permettront de faire des recommandations vers les professionnels de santé, les institutions et le monde politique.

La participation de chacune permet d’avoir un impact pour nous toutes.

Une attention particulière aux vécus douloureux

Conscient.e.s que ce questionnaire peut réveiller des vécus douloureux liés à la grossesse, l’accouchement et au post-partum, La Plateforme et le Service de santé mentale Le Chien Vert ont mis en place un partenariat. Ce partenariat offre la possibilité d’un accueil ponctuel, gratuit et anonyme, en groupe ou en individuel, pour celles (et leur partenaire de vie, conjoint.e ) qui en ressentiraient le besoin dans les suites de cette enquête. Entre le 4 juin et le 30 juillet 2021, les personnes concernées peuvent contacter le Chien Vert via le 0487/610 501. Le SSM Le Chien Vert bénéficie d’un agrément pour la clinique périnatale en santé mentale, lié à son engagement dans la prévention et le soin au bénéfice des devenant parents, des bébés et de leur famille (www.lechienvert.be). 

Vous avez accouché avant ou pendant la pandémie COVID et souhaitez participer au questionnaire en ligne

Disponible entre le 4 juin et le 15 juillet : bit.ly/3ywo7M4

Port du masque pendant l’accouchement, où en sommes-nous?

En novembre, nous avons publié un article reprenant les protocoles concernant le port du masque à l’accouchement pour les maternités wallonnes et bruxelloises. Ces protocoles nous avaient été communiqués par téléphone. Suite à cela, nous avons été surpris de réaliser qu’il y avait parfois un écart entre la théorie et la pratique…

Il semblerait aussi que cet article ait amené une remise en question au sein des équipes de soignants concernant leurs pratiques. Nous avons donc invité les maternités à nous communiquer leurs protocoles, de manière plus formelle. 

Les impacts de notre article :

Dans le monde entier, depuis des mois, les témoignages alarmants de milliers de femmes se sont multipliés. Les recherches d’alternatives et de solutions sont apparues comme des évidences pour retrouver les droits perdus depuis le début de cette crise sanitaire.

#stopauxaccouchementsmasquees démontre bien une chose : nous sommes, une fois de plus, face à une violence obstétricale. 

Rappelons les recommandations liées au port du masque :

  • De l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
    Il ne faut PAS porter de masque quand on fait de l’exercice, car les masques peuvent réduire l’aisance respiratoire.
    La transpiration peut entraîner une humidification plus rapide du masque, rendant la respiration plus difficile et favorisant la croissance des micro-organismes. (voir site de l’OMS)
  • Du Collège des Gynécologues et Obstétriciens américain (ACOG) destiné aux femmes porteuses du Covid
    Quand vous êtes à l’hôpital ou en maison de naissance, vous devez porter un masque si vous avez le COVID-19. Mais lorsque vous poussez pendant le travail, le port d’un masque peut être difficile. Pour cette raison, votre équipe soignante doit porter des masques ou tout autre équipement respiratoire protecteur. Ils peuvent également prendre d’autres mesures pour réduire le risque de propagation du virus, y compris le port de lunettes ou d’un écran facial. (voir texte original ici)
  • Du Collège des Sages-Femmes au Royaume-Uni
    Le Collège des Sages-Femmes britanniques est encore plus clair : « Les femmes en travail ne devraient pas être invitées à porter des masques ou toute forme de couverture du visage. » (voir recommandations complètes ici)

Des appels à l’aide

Beaucoup de femmes ont contacté la Plateforme pour avoir un appui, une aide, qui leur permettrai d’accoucher sans masque dans leur maternité qui malheureusement l’impose.
Voici donc quelques pistes de réflexions et d’actions afin de s’auto-défendre face au dictat du port du masque (ce qui peut être valable pour d’autres actes médicaux) :

  • Discuter avec l’équipe de soignants. Faire part de ses envies, ses peurs, ses angoisses. Vérifier si la théorie correspond à la réalité. 
  • Contacter le service de médiation de l’hôpital.
  • Demander à ce qu’un test rapide soit effectué (résultats en 1h) afin que le personnel s’équipe davantage en matériel de protection si les résultats sont positifs;
  • Amener des masques FFP2 au personnel, si nécessaire. 

Si ces alternatives ne fonctionnent pas:

  • Changer de maternité et en choisir une qui n’impose pas le masque (ou du moins, un minimum) 
  • Rester le plus possible seul avec l’accompagnant, afin de porter un minimum le masque (souvent demandé en présence des soignants).
  • Refuser tout simplement de le porter, vous sentir libre de l’enlever quand c’est nécessaire pour vous.

Rappel de la loi : 

Loi belge du 22 août 2002: entre autre “Droit au consentement libre et éclairé” 

Voici notre brochure : https://www.naissancerespectee.be/wp-content/uploads/2018/05/informez-vous-sur-vos-droits.pdf

Lorsqu’un professionnel impose le masque à une femme en travail et/ou pendant la poussée, il viole la loi.

Le Covid, une occasion de renforcer la perte de droits dans la salle d’accouchement ?

Depuis le début de la pandémie, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée s’inquiète particulièrement des conditions d’accouchement en Belgique et du respect des femmes. En effet, diverses mesures ont été prises lors du premier confinement souvent en dépit des recommandations de l’OMS.

Depuis la fin du premier confinement, la PCNR dénonce des pratiques abusives et a commencé à récolter des témoignages. Certains sont accablants.

« Une fois sur les  dernières heures, après 35h de souffrance seule dans ma chambre, je n’en pouvais plus. J’ai eu  mon premier moment de craquage, les larmes ont coulé, j’aurais aimé une présence, un soutien  avec moi. Qu’on me rassure, qu’on m’explique comment gérer la douleur, qu’on me dise tout  simplement que ça allait bien se passer, avoir juste une main que je puisse serrer ou quelques  mots d’accompagnement. Je rêvais que mon partenaire soit là à mes côtés, mais il ne pouvait pas  être là pour me rassurer. »

« Toutes les mesures prises sont quelque  peu effrayantes, mais il y en a une bien particulière qui m’empêche de fermer l’œil : l’obligation  de porter un masque pendant tout l’accouchement. Le porter ne fût-ce qu’une heure pour faire  les courses est déjà très compliqué pour moi, j’ai la phobie d’avoir quelque chose contre mon nez  et ma bouche. En plein effort physique, c’est simple : j’étouffe. Je n’ose imaginer comment ça sera  pendant les heures les plus douloureuses et éprouvantes de ma vie ! »

« Après 24 h, ils ont diagnostiqué une suspicion de covid-19. Le bébé est séparé de sa maman, les  deux parents sont isolés dans une chambre sans pouvoir se changer. La maman demande un tire-lait électrique, mais sa requête reste sans réponse. »

La contestation de nos interventions a toujours porté sur le manque de données par rapport aux pratiques des maternités belges et/ou sur le fait de déformer la réalité en créant un mouvement de panique. Il faut arrêter de dire que nous faisons peur aux femmes lorsque nous dénonçons des violences qui leur sont faites. Nous n’acceptons pas de considérer que les mots sont plus violents que des actes contre des femmes.

Nous avons donc décidé de mener l’enquête malgré nos moyens limités. 

Entre le 14 octobre et le 16 novembre, nous avons contacté par téléphone les maternités bruxelloises et wallonnes. En nous faisant passer pour des femmes enceintes désirant connaitre les procédures liées au covid, notamment pour les tests, le port du masque et la présence du conjoint.

Ce rapport se penche plus précisément sur le port du masque. L’objectif est d’informer les femmes et de mettre à l’honneur les maternités qui protègent les femmes à l’accouchement. Il permet de constater que différentes pratiques sont possibles et que le port du masque lors de l’accouchement n’est pas indispensable.

Des femmes peuvent accoucher sans masque en Belgique. 

Que ce soit suite à un test rapide qui leur indique les protections supplémentaires à prendre pour le personnel, ou que ce soit pour toutes les femmes, peu importe le statut covid, certaines maternités laissent les femmes respirer librement.  Les équipes qui les entourent sont quant à elles bien équipées de masque FFP2 et se protègent tout en travaillant. Certaines maternités maintiennent ce protocole même si la femme est positive.

C’est une très bonne nouvelle dont nous nous réjouissons ! Nous tenons à saluer le travail des 4 maternités qui ont adopté un tel protocole pour protéger les femmes qui accouchent.

Merci à:

  • CHM à Mouscron
  • St. Nikolaus Hospital à Eupen
  • CHU UCL Namur – Site de Dinant (St-Vincent) à Dinant
  • Etterbeek – Ixelles à Bruxelles

De ce fait, les femmes n’ont pas à subir tous les risques liés au port du masque : réactivation d’un traumatisme, aggravation des conditions respiratoires, hypoxie ou hypercarbie, limitation de la communication, surmédicalisation, inconfort et surchauffe. (voir le texte intégral)

Ailleurs les femmes souffrent 

La majorité des hôpitaux n’ont pas fait le choix de protéger les femmes et n’équipent pas correctement leur personnel pour être en sécurité. Cela implique que c’est aux femmes qui accouchent de les protéger.

Selon les informations qui nous ont été communiquées, ces hôpitaux imposent le port du masque pendant tout l’accouchement (du début du travail à la poussée) :

  • CHR de Mons Site St-Joseph à Mons
  • Clinique Saint Pierre à Ottignies
  • Grand hôpital de Charleroi – Notre Dame à Charleroi
  • Hôpital Civil Marie Curie à Charleroi
  • Hôpital Epicura : Maternité des Dix Lunes à Ath
  • Hôpital Epicura : Pôle Mère-Enfant à Hornu
  • Maternité de Braine-l’Alleud
  • Maternité de Saint-Elisabeth à Namur

On peut se poser la question de l’utilité de porter un masque dans ces conditions. La transpiration, le décrochage systématique pendant la poussée et la longue période où il est porté le rendent complètement inutile.

Des pratiques variables 

Les autres maternités demandent le port du masque à certains moments. Cela peut fortement varier selon les préoccupations : la sécurité des professionnels, le confort de la femme… Le port du masque peut être demandé pour le travail, en présence du personnel, durant la poussée, selon le gynécologue de référence…

En détail durant le travail  et la poussée

Des maternités demandent le port du masque durant le travail, d’autres durant la poussée. D’autres, beaucoup plus nombreuses le demandent quand le personnel est présent. Certaines s’adaptent aux difficultés de la femme. D’autres s’adaptent à leur personnel et leur sensibilité sur le masque… Ce qui fait sens dans une structure ne fera pas sens dans une autre.

Rappelons les recommandations 

  • De l’Organisation mondiale de la santé (OMS) :
    Il ne faut PAS porter de masque quand on fait de l’exercice, car les masques peuvent réduire l’aisance respiratoire.
    La transpiration peut entraîner une humidification plus rapide du masque, rendant la respiration plus difficile et favorisant la croissance des micro-organismes. (voir site de l’OMS)
  • Du Collège des Gynécologues et Obstétriciens américain (ACOG) destiné aux femmes porteuses du Covid
    Quand vous êtes à l’hôpital ou en maison de naissance, vous devez porter un masque si vous avez le COVID-19. Mais lorsque vous poussez pendant le travail, le port d’un masque peut être difficile. Pour cette raison, votre équipe soignante doit porter des masques ou tout autre équipement respiratoire protecteur. Ils peuvent également prendre d’autres mesures pour réduire le risque de propagation du virus, y compris le port de lunettes ou d’un écran facial. (voir texte original ici)
  • Du Collège des Sages-Femmes au Royaume-Uni
    Le Collège des Sages-Femmes britanniques est encore plus clair : « Les femmes en travail ne devraient pas être invitées à porter des masques ou toute forme de couverture du visage. » (voir recommandations complètes ici)

Nos recommandations : 

Pour l’instant, la seule possibilité qui s’offre aux femmes enceintes est de s’informer des protocoles et changer de maternité s’ils ne leur conviennent pas. Nous estimons qu’il est donc urgent d’exiger :

Qu’on arrête de demander aux femmes de porter un masque durant leur accouchement
Et qu’on équipe toutes les sages-femmes et gynécologues de protections adéquates. 
Car ce n’est pas aux femmes de protéger les soignants, mais aux soignants de protéger les femmes.

Recommandations OMS et Covid 19

Voici les recommandations de l’OMS concernant les femmes enceintes et l’accouchement pendant la pandémie : Covid 19

Toutes les femmes enceintes, y compris celles dont l’infection par le virus de la COVID-19 est confirmée ou soupçonnée, ont droit à des soins de qualité avant, pendant et après l’accouchement.

Ces recommandations sont disponibles en ligne, et sont actualisées en fonction de l’évolution de la situation :
https://www.who.int/fr/news-room/q-a-detail/q-a-on-covid-19-pregnancy-childbirth-and-breastfeeding

RTL : Le débat sur l’accouchement avec la Plateforme pour une naissance respectée

Le dimanche 27 janvier 2019, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée était invitée dans le débat « Ce n’est pas tous les jours dimanche » sur RTL-TVI. Les participant·es au débat étaient :

Marie-Hélène Lahaye, pour la Plateforme,
Marie Massart qui a témoigné des violences obstétricales subies
Dr Pierre Bernard, Chef de Service d’obstétrique Cliniques universitaires Saint Luc
Mélanie Geelkens, journaliste du Vif qui a réalisé le dossier sur les violences obstétricales

Voici la vidéo du débat.

Nous avons pu constater lors du débat que le Docteur Bernard ignorait l’état de la science et des recommandations professionnelles quant à l’épisiotomie.

Depuis les années 1980, les preuves scientifiques s’accumulent pour démontrer que l’épisiotomie ne prévient ni les déchirures du périnée, ni les descentes d’organe, ni l’incontinence. L’ensemble de la littérature scientifique sur ce sujet est disponible dans la base de données de l’AFAR : épisiotomie

En 2005, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français a émis des recommandations sur l’épisiotomie. On peut y lire notamment en page 7 de son document que «  La pratique libérale de l’épisiotomie ne prévient pas les déchirures du 3e et 4e degré ».

En 2010, le KCE a émis les mêmes recommandations pour la Belgique : « Le recours restrictif à l’épisiotomie a entraîné à court terme : un traumatisme périnéal moins sévère, un nombre moindre de sutures, un nombre moindre de complications de la cicatrisation, mais davantage de traumatismes périnéaux antérieurs, sans changements pour le traumatisme vaginal/périnéal sévère, la dyspareunie, l’incontinence urinaire ou plusieurs mesures relatives à la douleur » (en page 63 des recommandations pour les accouchements à bas risque).

En 2018, le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France a encore affiné ses recommandations sur la protection du périnée : « Il n’y a pas de bénéfice reconnu à la pratique de l’épisiotomie dans l’accouchement normal ; comparé à une pratique libérale de l’épisiotomie, le nombre de périnées intacts est plus grand en cas de pratique restrictive sans augmentation du nombre de lésions obstétricales du sphincter anal (LOSA). Il n’existe pas de preuve pour indiquer une épisiotomie en cas de présentation du siège, de grossesse gémellaire ou de variété postérieure afin de prévenir une LOSA »

La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée considère que l’ignorance des recommandations médicales est une source majeure des violences obstétricales. Elle rappelle également qu’il y a encore 35 % d’épisiotomie en Wallonie, et 28 % à Bruxelles, avec une grande variation entre les materniés : entre 11% et 66% d’épisiotomie selon les maternités belges (source CEPIP). A titre d’exemple, les maternités qui ont une politique restrictive de l’épisiotomie comme à Nanterre et Besançon, ont un taux d’épisiotomie de moins de 2%.

En ce qui concerne les droits des patientes, vous pouvez télécharger la brochure ici: https://www.naissancerespectee.be/wp-content/uploads/2018/05/informez-vous-sur-vos-droits.pdf

Soirée littéraire : Découvrir le partenariat Femme – Sage-femme

soirée littéraire 22 février 2019

La profession de sage-femme reste peu ou mal connue en Belgique. Nous vous proposons de rencontrer deux sages-femmes aux parcours uniques. Leurs trajectoires illustrent le chemin de renforcement mutuel aux côtés des femmes, pour des grossesses et des accouchements en toute bienveillance.

Vendredi 22 février 2019 à Bruxelles, venez rencontrer deux sages-femmes exceptionnelles :

  • Francine Caumel-Dauphin, ancienne cheffe de service à Necker. Elle a soutenu la mère de la petite Amandine (premier « bébé éprouvette » en France) dans sa volonté d’accoucher par voie vaginale, alors que René Frydmann voulait lui imposer une césarienne. Aujourd’hui, Francine Caumel-Dauphin estime que l’accouchement à domicile est un idéal à promouvoir. Elle vient publier l’ouvrage « Mieux accoucher, c’est possible. Pour en finir avec ‘Accouche et tais-toi! ».
  • Estelle Di Zenzo, dont les parcours de mère et de sage-femme sont étroitement imbriqués. Elle est vice-présidente de l’Union Professionnelle des Sages-femmes Belge (UPSfB).

A la Maison du Livre de Saint-Gilles.

Venez nombreuses et nombreux !

https://www.facebook.com/events/290656115138952/
Une initiative de la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée
P.A.F: 4€ ; 2.5€ tarif réduit
Billetterie : https://www.weezevent.com/decouvrir-le-partenariat-femme-sage-femme