Ce que nous avons construit ensemble en 2025.

Tout au long de l’année, nous avons poursuivi notre engagement pour défendre les droits des femmes et des personnes concernées par la périnatalité, lutter contre les violences gynécologiques et obstétricales, créer des espaces de dialogue et contribuer à des soins plus respectueux.

Festival des maternités féministes, projet Je vois, j’agis, actions de plaidoyer, formations, travail en réseau, collaborations avec de nombreuses associations, professionnel·les et institutions : ce rapport revient sur les principaux moments qui ont marqué cette année.

Mais surtout, il raconte une aventure collective. Derrière chaque projet, chaque rencontre et chaque action, il y a des personnes qui donnent de leur temps, partagent leurs expériences, transmettent leurs savoirs et contribuent à faire avancer une vision plus juste et plus respectueuse des soins.

Parmi les temps forts de cette année :

  • la première édition du Festival des maternités féministes ;
  • la poursuite de notre travail de plaidoyer autour des violences gynécologiques et obstétricales ;
  • le développement du projet « Je vois, j’agis » destiné aux professionnel·les de la périnatalité ;
  • de nombreuses collaborations avec le monde associatif, académique et les acteur·ices du terrain ;
  • des espaces de rencontre, de dialogue et de soutien pour les personnes concernées.

Nous sommes fières du chemin parcouru et des dynamiques collectives qui se sont renforcées au fil de l’année. Ces avancées n’auraient pas été possibles sans l’engagement des bénévoles, membres, partenaires, professionnel·les, allié·es et personnes concernées qui font vivre la PCNR au quotidien.

💜 Un immense merci à toutes celles et ceux qui nous ont soutenues, accompagnées, questionnées, rejointes ou fait confiance cette année.

Nous espérons que ce rapport témoigne de la richesse du travail accompli collectivement et de l’importance de poursuivre la mobilisation pour une naissance respectée et des soins plus justes et plus humains.

Rapport d’activités 2025

Consultez le rapport (PDF).

“Même si je ne sais pas ce qu’iels en font, je suis fière d’avoir écrit ce que j’avais sur le cœur dans le formulaire de satisfaction avant de quitter la maternité.”

Le témoignage de Charlotte clôture la campagne 2026 de la Semaine internationale de l’accouchement. Une belle manière de mettre un point final à cette série qui avait pour but de visibiliser des vécus singuliers autour de la naissance et de la périnatalité en plaçant l’accent sur le pouvoir d’agir des femmes et personnes concernées.

« J’ai été suivie dans une structure hospitalière et globalement ça s’est bien passé, avec beaucoup de soin à plein d’endroits. À chaque rendez-vous, la gynécologue prenait bien soin de reposer la question ou de vérifier dans le dossier si je connaissais le sexe du bébé. Cependant elle ne s’intéressait jamais à la composition familiale. »

« En tout début d’accompagnement, l’information que j’étais mère monoparentale avait été notée dans mon dossier mais elle n’a plus jamais été prise en compte par la suite : il était toujours présumé que cet enfant était le projet d’un couple hétérosexuel. »

« C’est une bête fatigue à devoir gérer en tant que mère monoparentale, et qui plus est c’est facilement évitable. Si dans le protocole on demande de s’assurer de la connaissance ou non du sexe de l’enfant, on peut ajouter cette autre vérification systématique. »

« Le jour de l’accouchement, je suis arrivée en salle d’accouchement accompagnée d’un·e ami·e avec un passing* indéterminé et l’une des sages-femmes (qui n’était pas celle qui me suivait) s’est retrouvée hyper gênée de la présence de cette personne. « 

« Après s’être dit que c’était le deuxième parent, elle s’est mise à lui parler uniquement à ellui et plus à moi qui (en couple ou pas en couple) aurait été à priori la première personne concernée, puisque de manière évidente sur le point d’accoucher.

Le matin du déclenchement on m’a demandé de revenir le lendemain. Pour moi ce n’était pas possible, et je leur ai dit. En effet, j’étais fatiguée, prête à accoucher et la personne qui m’accompagnait devait prendre un train le lendemain vers 18h. Au téléphone, la sage femme reformule un truc du type “Ok, si votre mari ne peut pas venir demain, on va essayer de vous accueillir aujourd’hui mais alors venez plutôt vers telle heure.”

« Je ne sais plus comment elle l’a formulé mais elle a utilisé le mot « mari » ce qui n’était pas approprié du tout vu ma situation. C’est une micro agression qu’en fin de grossesse je n’avais plus du tout la capacité de gérer. J’ai passé une heure à pleurer seule chez moi et à me dire quelle monstrueuse personne j’étais car ces violences là mon bébé risquait de les subir quotidiennement quand elle serait plus grande. »

Charlotte est mère monoparentale d’une enfant de 7 mois. Au quotidien, elle défend les droits des femmes et des minorités de genre, en particulier des familles monoparentales, sur les questions de logement.

« Heureusement maon ami·e est très vite arrivé·e et la sage femme qui nous a accompagné·es toute la journée en salle d’accouchement avait posé directement toutes les bonnes questions et créé le dialogue pour ne pas commettre ces formes de violence. »

« Je suis donc également fière de M. qui m’a accompagnée le jour de l’accouchement. J’ai pu me reposer sur ellui. Iel a pris totalement à sa charge de prévenir les potentiels paroles ou actes qui auraient pu être vécus comme des violences. »

M., qui a accompagné Charlotte a ajouté “’c’est gentil, merci pour la confiance, et tu peux aussi être fière de toi d’avoir demandé de l’aide et que je vienne t’accompagner dans un moment de grande vulnérabilité :)”

Nous aussi nous trouvons que Charlotte peut être fière d’avoir osé demander de l’aide et d’avoir insisté face au corps médical pour que le déclenchement ne soit pas reporté.

À propos de Charlotte

Charlotte est mère monoparentale d’une enfant de 7 mois. Au quotidien, elle défend les droits des femmes et des minorités de genre, en particulier des familles monoparentales, sur les questions de logement.

*Passing

Définition du glossaire de Genres pluriels, une super asso qui organise des actions de sensibilisation et de formation dans le but d’offrir plus de visibilité aux personnes aux genres fluides, trans et intersexes.

« Terme ambigu à manier avec précaution. Le terme-concept de passing est le fait pour une personne de « passer pour » une personne cisgenre. Dans certaines situations, il s’agit pour les personnes transgenres d’assurer leur sécurité ou leur inclusion dans la société. Le terme est problématique parce qu’il contient une idée de dissimulation et qu’il sous-entend que la responsabilité de l’inclusion sociale incomberait à la personne oppressée plutôt qu’à l’oppresseur.”

Voici un autre éclairage transmis par M. en ce qui la concerne :

“J’ai un passing de femme cis-genre, plutôt queer, alors que je suis une personne non-binaire. C’est juste que je ne souhaite pas « avoir l’air androgyne comme la société s’attendrait à ce que je ressemble en tant que non-binaire » c’est difficile à expliquer.”

M.  a offert un point de vue supplémentaire : “Je me rappelle que quand on attendait pour que tu puisses prendre le médicament pour le déclenchement, avec le monitoring du bébé, la sage-femme qui est entrée dans la salle, et qui n’était pas celle qui te suivait à ce moment là, a présumé que j’étais la doula, puisque j’ai un passing plutôt de femme cisgenre, et a demandé où était ton mari. 

Après l’accouchement, le lendemain matin, c’est la médecin (je crois) qui s’adressait uniquement à moi et à qui j’ai fait la remarque que je n’était pas co-parent, que j’accompagnais juste, et que c’était bien gentil de me prendre en compte mais voilà, c’etait toi la maman. Et elle a un peu vite balayé ça en disant « oui mais les couples aujourd’hui, j’ai présumé que vous étiez l’autre parent et je ne voulais pas vous exclure ». ça partait cela dit d’une bonne intention, mais encore une fois pas d’option possible pour une autre configuration familiale.”

Des familles multiples, des réalités encore invisibilisées

Le témoignage de Charlotte et les mots de M. mettent en lumière une réalité encore trop peu prise en compte dans les soins périnataux : la diversité des configurations familiales et des identités de genre. Les présomptions autour du couple hétéroparental, du rôle du “père” ou encore de l’apparence de genre peuvent sembler anodines, mais elles participent à rendre certaines personnes invisibles, voire illégitimes, dans leur propre parcours de soin. Pour les familles monoparentales, LGBTQIA+ ou hors des normes majoritaires, devoir corriger, expliquer ou anticiper ces maladresses représente une charge émotionnelle supplémentaire dans un moment déjà particulièrement vulnérable.

Plusieurs institutions de santé publique soulignent pourtant l’importance de soins inclusifs, respectueux et exempts de discrimination. L’Organisation mondiale de la Santé rappelle que les soins pendant l’accouchement doivent préserver la dignité des personnes, garantir des choix éclairés et permettre un accompagnement respectueux de leurs besoins et réalités. Dans la même perspective, de nombreuses recherches en santé LGBTQIA+ montrent que les personnes dont les parcours familiaux ou identitaires sortent des normes dominantes sont davantage exposées à des expériences de stigmatisation ou d’invisibilisation dans les soins, avec des impacts concrets sur leur sentiment de sécurité et leur santé mentale.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

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“Je me suis sentie extrêmement fière de moi. Fière d’avoir fait respecter mes choix et fière d’avoir cru en moi.”

Dans le cadre de la Semaine internationale de l’accouchement respecté dont le thème de cette année est « Get Loud, Birth Proud », Coralie partage avec nous ce qui l’a marquée au fil de ses expériences d’accouchement.

« Lors des dernières contractions avant la poussée, j’étais debout, pendue au coup de mon compagnon. Son odeur et sa présence m’aidaient à rester détendue, à transcender la douleur et à en faire une alliée pour me rapprocher encore un peu plus de la rencontre avec mon bébé. »

« Entre chaque contraction, je profitais des pauses que mon corps et mon bébé m’offraient. Je n’étais plus dans la réalité ordinaire, j’étais ailleurs, connectée à ma maman, à mes grands-mères et à toutes ces femmes de ma lignée qui avaient, elles aussi, donné la vie avant moi. C’est à ce moment précis que je me suis sentie la plus puissante. Je savais instinctivement que j’y arriverais, que j’étais accompagnée, que j’étais capable d’accoucher de mon bébé, moi et moi seule. »

« Après l’arrivée de mon petit garçon et de toutes les émotions qui ont accompagnées sa naissance, je me suis sentie extrêmement fière de moi. Fière d’avoir fait respecter mes choix, fière d’avoir cru en moi, fière d’avoir réussi à bien m’entourer et fière d’avoir réussi à imposer le respect de mon accouchement.« 

Les deux accouchements de Coralie se sont déroulés de manière physiologiques et dans le respect. Le premier accouchement a eu lien en maison de naissance, le second accouchement en plateau technique à l’hôpital.

À propos de Coralie

Coralie a 39 ans et elle est maman de 2 enfants de 5 et 3 ans. Son premier accouchement a eu lieu en maison de naissance et second accouchement en plateau technique à l’hôpital. Les deux accouchements ont été des accouchements physiologiques respectés.

Pour un réel choix autour du lieu de naissance

Pouvoir choisir l’environnement et les personnes qui accompagnent la grossesse et l’accouchement a un impact direct sur le sentiment de sécurité et le vécu de la naissance. Ce sont des éléments importants pour avoir accès à un accouchement respecté et adapté à ses besoins. Bien sûr, toutes les grossesses et tous les accouchements ne se déroulent pas toujours comme prévu ni de manière physiologique, et il est essentiel de pouvoir bénéficier d’un accompagnement sécurisé ainsi que d’informations claires sur les différentes possibilités et alternatives existantes.

En Belgique, différents lieux d’accouchement existent — hôpital, maison de naissance ou domicile — mais ces possibilités restent inégalement accessibles selon les régions. Un aperçu des options possible est disponible sur le site Born in Brussels – Les différents lieux d’accouchement Le SPF Santé publique rappelle également l’importance de promouvoir un accompagnement de qualité dès le début de la vie et de soutenir le bien-être des familles autour de la naissance. SPF Santé publique – Promouvoir un avenir sain dès la naissance

Sans accès à une information complète, honnête et accessible, il ne peut y avoir de choix réellement éclairés autour du lieu de naissance et de l’accompagnement, ni de soins pleinement respectueux des besoins, des préférences et du consentement des personnes qui accouchent.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

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“Pendant le travail, je me suis sentie vraiment forte parce que j’étais entourée de personnes qui se souciaient profondément de moi et de mes bébés.”

Toute la semaine, nous vous proposons des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Une campagne qui s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées.

“Pendant le travail, je me suis sentie vraiment forte parce que j’étais entourée de personnes qui se souciaient profondément de moi et de mes bébés. Avoir le soutien de ma famille, de mes ami·es et d’une équipe médicale aussi bienveillante m’a donné un fort sentiment de confiance et la certitude que tout irait bien.

« Dans mon parcours de parentalité, ce dont je suis la plus fière, c’est le partenariat que j’ai avec mon mari. Nous fonctionnons vraiment comme une équipe : nous nous soutenons mutuellement, nous faisons en sorte que chacun puisse se reposer quand c’est possible et nous traversons les moments plus difficiles ensemble.« 

Nous apprenons ensemble à sortir de nos zones de confort et, parfois, à mettre nos propres besoins de côté pour notre famille. Avoir choisi un partenaire comme lui et avoir construit ensemble ce type de soutien est quelque chose dont je suis incroyablement fière, surtout parce que la maternité est la chose la plus difficile que j’aie jamais faite et que je continue à faire”.

Maman d’une petite fille de deux ans et de jumeaux nouveau-nés, Valeryia
nous rappelle le rôle capital joué par l’entourage dans la traversée de la maternité.

À propos de Valeriya

Valeriya a 33 ans et est l’heureuse maman d’une petite fille de deux ans et de jumeaux nouveau-nés. Elle traverse actuellement les défis et les joies de cette période intense et magnifique de la maternité.

Le soutien comme enjeu collectif autour de la naissance

Le sentiment de sécurité, de confiance et de capacité à traverser cette période est profondément influencé par la qualité du soutien affectif reçu — qu’il soit familial, amical ou professionnel. Pouvoir compter sur une équipe soignante à l’écoute et bienveillante et des proches impliqué·es peut transformer l’expérience de la naissance et du post-partum.

Nous rappelons que ce n’est pas le cas de toutes les personnes, notamment celles qui ne sont pas en couple, que ce soit par choix ou non. Cette réalité mérite également d’être visibilisée et mieux prise en compte dans l’accompagnement proposé autour de la naissance.

Le témoignage de Valeriya rappelle que prendre soin des personnes qui accouchent est une responsabilité collective, et que créer des conditions matérielles, relationnelles et institutionnelles favorables au soutien des familles constitue un véritable enjeu de santé publique et d’égalité.

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Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

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“Je me suis sentie fière lorsque, après la fameuse « Nuit de Java », Amel et moi nous étions apprivoisées mutuellement et que l’allaitement s’est bien mis en route.”

À l’occasion de la Semaine internationale de l’accouchement respecté, nous donnons chaque jour la parole à une personne pour mettre en lumière la diversité des vécus liés à la grossesse, à l’accouchement et au post-partum.

C’était quelque chose qui était important pour moi et que j’avais appréhendé lors de la grossesse. Une séance avec une conseillère en lactation avant l’arrivée d’Amel et la sage-femme qui travaillait lors de cette deuxième nuit à la maternité m’ont beaucoup aidée. »

À propos de Rachelle

Rachelle est devenue maman d’une petite fille il y a un peu plus d’un mois et demi.

Des soins et un soutien adaptés autour de l’allaitement

Ce n’est pas parce que l’allaitement est un processus physiologique qu’il est évident ou facile. Pour certaines femmes, il peut couler de source ; pour d’autres, il peut être difficile, douloureux ou nécessiter un accompagnement important. Comme pour l’accouchement ou le post-partum, les expériences d’allaitement sont profondément influencées par la qualité du soutien reçu. La présence attentive d’une sage-femme, d’une conseillère en lactation, la pairaidance ou une préparation pendant la grossesse peuvent faire une réelle différence. Le témoignage de Rachelle rappelle aussi que l’allaitement, qui est souvent présenté comme une responsabilité individuelle, dépend largement des conditions sociales, matérielles et relationnelles dans lesquelles les personnes deviennent parent.

Les bénéfices de l’allaitement pour la santé des bébés et des mères sont largement documentés. Mais promouvoir l’allaitement ne devrait jamais conduire à culpabiliser, juger ou faire pression sur les personnes qui n’allaitent pas ou qui ne souhaitent pas allaiter. Chaque situation, chaque corps et chaque parcours sont différents, et toutes les familles méritent d’être accompagnées avec respect et sans injonction.

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“J’ai longtemps eu tendance à banaliser tout cela en me disant que des milliards de femmes l’avaient vécu avant moi mais aujourd’hui, je me sens fière d’avoir traversé toutes ces étapes.”

À l’occasion de la Semaine internationale de la naissance respectée, Marie nous livre son point de vue sur son expérience de la périnatalité. Elle souligne l’importance du rôle essentiel joué par sa sage-femme dans la reconnaissance de tout ce qu’elle a traversé.

« Plus qu’un moment précis, c’est l’ensemble du parcours qui me rend fière : avoir vécu la grossesse, l’accouchement, puis maintenant le post-partum et l’allaitement. J’ai longtemps eu tendance à banaliser tout cela en me disant que des milliards de femmes l’avaient vécu avant moi mais aujourd’hui, je me sens fière d’avoir traversé toutes ces étapes.

Ma sage-femme a énormément contribué à ce sentiment. Par ses encouragements, son soutien et sa manière de reconnaître chaque étape sans les minimiser ni les considérer comme « faciles » ou « normales », elle m’a permis de prendre conscience de tout ce que j’accomplissais. »

Marie aime le football, le cinéma, la musique et les moments entre amis.
Elle est maman de deux garçons : son aîné de 2 ans, porté par sa compagne,
et son deuxième qu’elle a porté elle-même et qui aura bientôt trois mois.

À propos de Marie

Marie a 37 ans. Elle aime le football, le cinéma, la musique et les moments entre amis. Elle est maman de deux garçons : son aîné de 2 ans, porté par sa compagne, et son deuxième qu’elle a porté elle-même et qui aura bientôt trois mois.

Rendre visible l’invisible

La grossesse, l’accouchement, le post-partum et l’allaitement mobilisent d’importantes ressources chez les femmes et les personnes concernées. Ces transformations majeures impliquent un travail sur le plan physiologique et psychoaffectif et impactent également la vie sociale et économique des femmes. Parce que ces expériences sont souvent présentées comme « naturelles » ou allant de soi, l’investissement qu’elles demandent tend à être minimisé, alors même qu’il transforme profondément les corps, les rythmes de vie, les relations et les équilibres psychiques. Entre idéalisation et banalisation, la maternité et son coût sont largement invisibilisés dans notre société.

Depuis les années 1970, des chercheuses et militantes féministes ont montré que la maternité et la reproduction sont aussi des enjeux sociaux et politiques. L’anthropologue Dana Raphaël a notamment proposé le concept de matrescence pour décrire les transformations profondes vécues lors du passage à la maternité. Pourtant, cette période reste encore trop peu reconnue. Le manque de soutien et de prise en compte dans les politiques publiques et les représentations sociales est inouï.

Quand est-ce que nos institutions et nos pair·esses reconnaîtront-iels pleinement la valeur du travail reproductif et du care ? Comment revaloriser ce travail sans piéger les femmes dans les injonctions à la maternité ?

Revaloriser les expériences de maternité et mieux soutenir les (futures) mères est un enjeu de santé publique et d’égalité.

Penser la justice reproductive est un enjeu de justice sociale.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

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Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

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“Quand j’ai découvert que j’étais enceinte de mon deuxième enfant, une chose était claire pour moi : je voulais une césarienne planifiée.”

À l’occasion de la Semaine internationale de l’accouchement respecté, nous donnons chaque jour la parole à une personne pour mettre en lumière la diversité des vécus liés à la grossesse, à l’accouchement et au post-partum.

« Mon premier accouchement a été une épreuve. Il s’est déroulé dans des circonstances difficiles, qui m’ont profondément marquée.

Quand j’ai découvert que j’étais enceinte de mon deuxième enfant, une chose était claire pour moi : je voulais une césarienne planifiée. Ce choix, je l’ai posé avec conviction. Et pour la première fois, je me suis sentie pleinement écoutée.

Ma gynécologue l’a respecté sans hésitation, sans le remettre en question. Je me suis sentie légitime, forte, en confiance!

Julie a choisi d’accoucher par césarienne pour son deuxième enfant.

La césarienne m’effrayait pourtant. Mais quand on m’a parlé d’une approche plus « naturelle », quelque chose a changé. J’ai commencé à me réapproprier mon accouchement, à en faire une expérience qui me ressemble.

J’ai choisi une lumière douce, ma musique, une ambiance qui me portait. J’ai choisi que mon bébé soit posé sur moi dès sa naissance. J’ai choisi de vivre ce moment, pleinement.

La chanson sur laquelle mon bébé est né restera à jamais gravée en moi. Elle me traverse encore aujourd’hui, me donne des frissons, me ramène instantanément à ce coup de foudre indescriptible, à cette rencontre évidente, dès les premières secondes.

Ce jour-là, une sage-femme m’a proposé de capturer ces instants. Ces photos sont devenues précieuses. Elles racontent une naissance lumineuse, un moment de force, de douceur, de vérité. Elles témoignent de tout ce que cet accouchement m’a offert.

* Julie évoque une césarienne naturelle. La césarienne douce, ou césarienne naturelle – en anglais, gentle C-Section, est une approche chirurgicale qui replace les parents au centre de la naissance. Elle se concentre sur l’ambiance, le peau-à-peau immédiat, l’accompagnement du co-parent et l’autonomie de la mère.

À propos de Julie

Julie a 34 ans et deux enfants : Rufus* et Lars, 4 ans. Elle vit à Forest avec Lars et son mari John. Passionnée de boxe aquatique, de danse libre et de céramique, elle adore aussi cuisiner et voue une véritable admiration à Rosalía. Et s’il y a bien une chose pour laquelle on peut la réveiller en pleine nuit, ce sont de bonnes frites.

La prise en compte de une expérience positive de l’accouchement

Le témoignage de Julie nous invite à réfléchir à nos représentations de l’accouchement. Les césariennes restent encore entourées de nombreux jugements et idées reçues, alors qu’elles sont des accouchements à part entière. Diverses recherches montrent que, dans certaines situations, une césarienne planifiée peut contribuer à une expérience plus positive et plus sécurisante.

L’Organisation mondiale de la Santé souligne l’importance de garantir une expérience positive de l’accouchement. Celle-ci ne se limite pas à de bons résultats cliniques : elle implique aussi que les femmes et les personnes qui accouchent se sentent respectées, écoutées et en sécurité. Elle doivent avoir la possibilité d’être impliquées dans toutes les décisions qui concernent leur corps et leur naissance. Pour cela, les femmes doivent avoir accès à une information complète, honnête et basée sur des données scientifiques récentes est nécessaire.

Consulter les « Recommandations de l’OMS sur les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement ».

Dans ses recommandations sur les soins intrapartum, l’OMS insiste sur l’importance de soins fondés sur le consentement, la dignité, le soutien émotionnel et le respect des préférences et des besoins individuels. Qu’il s’agisse d’un accouchement par voie basse ou d’une césarienne, chaque femme devrait pouvoir vivre cette expérience dans la dignité, sans culpabilisation ni hiérarchisation des vécus.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

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Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

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“Je suis fière d’avoir pris le temps de choisir THE sage-femme et le gynéco avec qui elle aimait travailler pour mon accouchement.”

Photo de Doris, 40 ans, est psychologue et maman maman d'une petite fille de 3 ans.

À l’occasion de la Semaine internationale de l’accouchement respecté, nous partageons chaque jour un témoignage. Des récits singuliers pour visibiliser les réalités vécues pendant la grossesse, l’accouchement et le post-partum — dans toute leur diversité, leur complexité et leur puissance.

« Il faut tout un village pour élever un enfant » et parfois toute une équipe pour le créer. Voilà comment je décrirai le parcours PMA. Tout est calculé, tout est contrôlé, bye-bye l’intimité mais dans notre situation, cela a permis un vrai cadeau de la vie. La temporalité d’une grossesse est allongée quand des questions de fertilité viennent s’en mêler. Il aura fallu plus de deux ans entre notre décision d’avoir un enfant et le fait de pouvoir la tenir dans nos bras. Notre petite fille s’est faite attendre de par la PMA mais aussi puisqu’elle est née à 42 semaines et 23h de travail !

Doris, 40 ans, est psychologue et maman maman d’une petite fille de 3 ans.

Ce dont je suis fière ? D’avoir pris le temps de choisir THE sage-femme (à 4 mois de grossesse) et le gynéco avec qui elle aimait travailler pour mon accouchement. C’est tellement beau de les voir travailler en duo, sans pression ni rapport de force, en se questionnant mutuellement tout en ayant chacun.e son champ de compétences.

Je suis également assez fière d’avoir pu m’appuyer sur la joie des premiers centimètres d’ouverture après 2 déclenchements et 15h de pré travail sans aucune ouverture et d’avoir pu par la suite accoucher naturellement. Lors de la poussée j’ai ressenti un condensé angoisse. « Qu’est-ce que j’ai fait ? Ma vie va totalement changer… Oh my God ! Vais-je y arriver ? », alors que mes 9 mois de grossesse avaient été très paisibles. Résultat des courses : allongement de la poussée, pratiquement deux heures ! Ouf, j’ai pu demander à mon compagnon ce que j’avais besoin d’entendre pour remettre de l’ordre dans mes pensées et accueillir notre petite fille.

À propos de Doris

Doris a 40 ans. Elle est en couple depuis 7 ans et est maman d’une petite fille de 3 ans. Doris adore son travail de psy et elle est bien entourée dans la vie. Elle aime dire qu’elle a eu une maman et sept mamans de cœur qui lui ont appris à « dealer » avec sa féminité.

Pour des choix réellement libres et éclairés

L’accès à une information complète et honnête est une condition essentielle pour pouvoir faire des choix libres et éclairés pendant la grossesse et l’accouchement.

Le témoignage de Doris rappelle combien la qualité de l’accompagnement peut transformer l’expérience de la naissance. Pouvoir choisir des professionnel·les qui travaillent en confiance, dans le respect mutuel de leurs compétences, peut contribuer à un vécu plus serein et plus sécurisant. Aujourd’hui pourtant, beaucoup de femmes ne savent pas qu’il existe différents modèles de soins et différentes façons d’être accompagnées pendant la grossesse et l’accouchement. Le modèle centré sur le suivi médical par un·e gynécologue reste largement dominant, alors qu’il existe aussi des approches comme le midwife-led care ou le woman-centered care, associées à de très bons résultats, notamment pour les grossesses à bas risque et lorsqu’on considère la santé dans sa globalité.

Les femmes ont le droit de choisir le ou la professionnel·le qui les accompagnera durant leur grossesse — médecin ou sage-femme — et de pouvoir changer de professionnel·le si elles ne se sentent pas respectées ou en confiance. Elles ont également le droit d’être informées sur les différents lieux de naissance possibles (hôpital, maison de naissance, domicile), leurs pratiques, leurs taux d’intervention et leurs fonctionnements, afin de pouvoir choisir ce qui leur convient le mieux, en fonction de leur état de santé, de leurs besoins et de leurs préférences.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

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“Je suis fière d’avoir pu dire non et d’avoir tenu bon face au validisme médical, même si cela dérangeait l’ordre établi.”

À l’occasion de la semaine internationale de l’accouchement respecté, nous partagerons divers témoignages sur le thème “Birth Loud & Birth Proud”. Notre objectif ? Visibiliser diverses réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

“J’ai eu 3 enfants et je suis une maman sourde. C’est une surdité bilatérale de naissance, sévère aujourd’hui. À chaque accouchement, j’ai dû subir la violence liée à mon handicap de la part du personnel soignant qui n’avait que faire – ou qui ne savait que faire – de ma surdité. Au premier enfant, un dépistage néonatal de la surdité a été imposé à mon enfant sans qu’on me prévienne. Au second enfant, malgré le fait que j’ai refusé, on m’a forcée à lui faire subir une batterie de tests. Quelques heures après la naissance de mon troisième, qui est né le premier mai 2023, j’ai réussi à leur interdire de toucher à mon enfant pour lui fourrer cet appareil invasif dans l’oreille. Mon refus a provoqué un émoi, jusqu’à envoyer une jeune pédiatre pour me faire la morale, comme si j’avais perdu la raison. Maman sourde, maman qui refuse les soins proposés, maman folle ? Pour sortir, j’ai dû signer une décharge qui stipulait que j’étais responsable si mon enfant développait une surdité. En tant que maman, je savais que mes deux aînés sont de super « entendants » et comme mon petit dernier bougeait énormément dans mon ventre durant ma grossesse, je n’avais aucun doute sur le fait que mon expertise de maman valait beaucoup plus que leur validisme médical.« 

« Je suis fière d’avoir pu résister à cette violence. Je suis fière d’avoir pu dire non et d’avoir tenu bon face au validisme médical, même si cela dérangeait l’ordre établi. En vérité, les tests ne sont pas une obligation. On fait croire que c’est pour le bien-être de l’enfant alors que souvent c’est surtout une étape préparatoire dans un processus de médicalisation à vie du handicap d’un enfant.« 

Shahin, maman solo handie de trois enfants et militante féministe, antivalidiste et co-fondatrice de la collective F.R.i.D.A., une association de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes en situation de handicap.

Lorsqu’un dépistage précoce diagnostique un enfant sourd, les médecins en font souvent un drame ce qui laisse les parents désœuvrés, voire dévastés. Quand tu es une maman entendante et que ton enfant est sourd, la manière dont le corps médical présente les choses renvoie une image extrêmement dure de la surdité.Le corps médical vous fait comprendre que l’enfant n’est pas l’enfant valide qu’on attendait.

Dès la naissance, on te fait comprendre que ton enfant n’est pas normal. Ce miroir renvoie un regard normalisant sur les mères et les enfants. C’est un réel problème dans notre société validiste.

On ne prend pas en compte les affects ni les aspects sociaux. La langue des signes est évacuée au profit des solutions médicales comme l’appareillage ou l’implant qui nécessite une opération chirurgicale, sans le consentement de l’enfant, qui a pourtant des droits. Les alternatives ou la non-intervention ne sont pas présentées, et difficilement envisagés. Sans parler des risques et des conséquences négatives quand l’enfant rejette ces dispositifs. Oui, la médecine fait de nombreux progrès, mais elle n’a pas encore compris que parfois, c’est au détriment des patient·es, surtout quand leur avis, leur droit à une information complète et leur capacité à décider n’est pas respecté.

Ce qui m’a aidée à me sentir forte, à me sentir fière, c’est toute l’expérience que j’ai acquise. Je connais mieux mon handicap de la surdité que ces médecins car je suis une personne concernée qui a une expérience directe et quotidienne de ce que cela implique. Au sujet de mon expérience de maman, avoir été connectée à mes trois enfants pendant ma grossesse et mes accouchements, et avoir été capable de décoder les signes montrant que mes enfants entendaient parfaitement, m’a donné confiance en mes capacités de compréhension sur un sujet que je maîtrise. »

À propos de Shahin

Shahin, maman solo handie de trois enfants et militante féministe, antivalidiste et co-fondatrice de la collective F.R.i.D.A., une association de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes en situation de handicap.

Être écoutée ne devrait pas être un combat

Aujourd’hui encore, trop de femmes racontent ne pas avoir été écoutées lorsqu’elles exprimaient leur douleur, leurs inquiétudes ou leurs besoins dans le cadre des soins. Ce manque d’écoute est encore renforcé lorsque les femmes sont racisées, handicapées ou issues d’un groupe minorisé.

Nous ne devrions pas devoir demander aux femmes de faire ce qu’il faut pour “se faire entendre”. Écouter, croire, informer et respecter les patientes est une obligation, pas un luxe. Divers facteurs, comme le manque de temps et de moyens mettent une pression sur les soignant·es qui disposent de moins en moins de ressources pour exercer leur métier de manière respectueuse. L’organisation et le financement des soins de santé est un enjeu capital. L’accès à la santé pour tou·tes n’est pas négociable !

Pour en savoir plus sur les discriminations liées au thème de ce témoignage, Shahin vous recommande la lecture du livre « En finir avec les idées fausses sur le handicap » de Clara Mautalent.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

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“Je suis fière de m’être écoutée, d’avoir insisté pour qu’on me soigne.”

Ce lundi 18 mai marque le premier jour la semaine internationale de l’accouchement respecté. À cette occasion nous partagerons divers témoignages sur le thème “Birth Loud & Birth Proud”, afin de visibiliser des réalités diverses vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

“Après l’accouchement, j’avais très mal. J’arrivais pas à tenir Raphaël. On n’arrêtait pas de me dire que c’était normal. Même ma mère qui était avec moi, elle disait : mais c’est comme ça que l’accouchement va. Mais surtout la gynécologue, les infirmières, sauf une… Mais j’ai insisté, j’ai dit : ça ne va pas. J’avais accouché vers 11h du matin, et il était 19h ou 20 h. J’ai insisté pour voir mon gynéco et quand il est arrivé, il a dit : OK, on descend en salle d’op. Il y avait encore des restes du placenta qui devait sortir et je saignais beaucoup trop. Mais on me disait que c’était normal.

Je suis fière de m’être écoutée malgré tout le monde qui me disait que c’était normal. Après, je suis redescendue, on m’a opérée. Je suis fière de m’être écoutée, d’avoir insisté pour qu’on me soigne.

Gisèle aime lire, écrire et le cinéma. Elle est maman d’un petit garçon de cinq ans et demi.

Écouter son intuition, c’est important. C’est plus facile quand on est entourée de personnes qui vivent ou qui ont vécu la même chose que nous, car on se comprend, on partage nos conseils, on se soutient.« 

C’est un truc que j’ai appris durant ma grossesse, en me renseignant sur internet, mais surtout en discutant avec mes amies : il faut s’informer, s’éduquer, apprendre à se faire confiance.

Être écoutée ne devrait pas être un combat.

Aujourd’hui encore, trop de femmes racontent ne pas avoir été écoutées lorsqu’elles exprimaient leur douleur, leurs inquiétudes ou leurs besoins dans le cadre des soins. Ce manque d’écoute est encore renforcé lorsque les femmes sont racisées, handicapées ou issues d’un groupe minorisé.

Nous ne devrions pas devoir demander aux femmes de faire ce qu’il faut pour “se faire entendre”. Écouter, croire, informer et respecter les patientes est une obligation, pas un luxe. Divers facteurs, comme le manque de temps et de moyens mettent une pression sur les soignant·es qui disposent de moins en moins de ressources pour exercer leur métier de manière respectueuse. L’organisation et le financement des soins de santé est un enjeu capital. L’accès à la santé pour tou·tes n’est pas négociable !

Pour en savoir plus sur les discriminations dans les soins de santé, nous vous proposons de lire l’article « Racisme et pratiques de la médecine » paru dans la revue Ethica Clinica et publié sur le site d’UNIA.

À propos de Gisèle

Gisèle dit qu’elle a des ami·es en or. Alors, elle se dit que peut-être elle-même est aussi quelqu’un de bien. Gisèle a un rêve : que le Rwanda, le pays dont elle est originaire, puisse un jour trouver la paix. Gisèle aime le cinéma et lire des romans. Elle aime écrire, même si ça fait longtemps qu’elle n’a pas eu l’occasion de le faire. Elle est maman de Raphaël, un petit garçon de 6 ans.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

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