“Je suis fière de m’être écoutée, d’avoir insisté pour qu’on me soigne.”

Ce lundi 18 mai marque le premier jour la semaine internationale de l’accouchement respecté. À cette occasion nous partagerons divers témoignages sur le thème “Birth Loud & Birth Proud”, afin de visibiliser des réalités diverses vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

“Après l’accouchement, j’avais très mal. J’arrivais pas à tenir Raphaël. On n’arrêtait pas de me dire que c’était normal. Même ma mère qui était avec moi, elle disait : mais c’est comme ça que l’accouchement va. Mais surtout la gynécologue, les infirmières, sauf une… Mais j’ai insisté, j’ai dit : ça ne va pas. J’avais accouché vers 11h du matin, et il était 19h ou 20 h. J’ai insisté pour voir mon gynéco et quand il est arrivé, il a dit : OK, on descend en salle d’op. Il y avait encore des restes du placenta qui devait sortir et je saignais beaucoup trop. Mais on me disait que c’était normal.

Je suis fière de m’être écoutée malgré tout le monde qui me disait que c’était normal. Après, je suis redescendue, on m’a opérée. Je suis fière de m’être écoutée, d’avoir insisté pour qu’on me soigne.

Gisèle aime lire, écrire et le cinéma. Elle est maman d’un petit garçon de cinq ans et demi.

Écouter son intuition, c’est important. C’est plus facile quand on est entourée de personnes qui vivent ou qui ont vécu la même chose que nous, car on se comprend, on partage nos conseils, on se soutient.« 

C’est un truc que j’ai appris durant ma grossesse, en me renseignant sur internet, mais surtout en discutant avec mes amies : il faut s’informer, s’éduquer, apprendre à se faire confiance.

Être écoutée ne devrait pas être un combat.

Aujourd’hui encore, trop de femmes racontent ne pas avoir été écoutées lorsqu’elles exprimaient leur douleur, leurs inquiétudes ou leurs besoins dans le cadre des soins. Ce manque d’écoute est encore renforcé lorsque les femmes sont racisées, handicapées ou issues d’un groupe minorisé.

Nous ne devrions pas devoir demander aux femmes de faire ce qu’il faut pour “se faire entendre”. Écouter, croire, informer et respecter les patientes est une obligation, pas un luxe. Divers facteurs, comme le manque de temps et de moyens mettent une pression sur les soignant·es qui disposent de moins en moins de ressources pour exercer leur métier de manière respectueuse. L’organisation et le financement des soins de santé est un enjeu capital. L’accès à la santé pour tou·tes n’est pas négociable !

Pour en savoir plus sur les discriminations dans les soins de santé, nous vous proposons de lire l’article « Racisme et pratiques de la médecine » paru dans la revue Ethica Clinica et publié sur le site d’UNIA.

À propos de Gisèle

Gisèle dit qu’elle a des ami·es en or. Alors, elle se dit que peut-être elle-même est aussi quelqu’un de bien. Gisèle a un rêve : que le Rwanda, le pays dont elle est originaire, puisse un jour trouver la paix. Gisèle aime le cinéma et lire des romans. Elle aime écrire, même si ça fait longtemps qu’elle n’a pas eu l’occasion de le faire. Elle est maman de Raphaël, un petit garçon de 6 ans.

Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté

Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.

Nothing about us without us

Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.

Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.

Nous soutenir

👉 Vous souhaitez soutenir ce travail ? Nous cherchons des forces vives prêtes à s’engager avec nous au sein de notre organisation et/ou au sein du réseau.

👉 N’hésitez pas à nous soutenir en faisant un don, en parlant de nous, en nous contactant ou en partageant ce post autour de vous.

Assemblée générale 2026: rejoins-nous !

Forte de plus de 12 années d’engagement, la PCNR entre dans une nouvelle étape de son histoire. Tu te sens concerné·e par les soins et le respect des droits des femmes en périnatalité ?  Rejoins notre Assemblée générale ou notre Organe d’administration.

La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée est une association féministe d’usagèr·es et de professionnel·le·s qui défend les droits des usagères en périnatalité et agit comme force de changement social pour de meilleures conditions d’accouchement.

Nous défendons :
— le respect des droits des femmes et des personnes concernées,
— une information juste, complète et sans pression, le libre choix et le consentement éclairé,
— la complémentarité des professionnel·le·s,
— la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales.

Dans un contexte où les droits en santé périnatale et sexuelle et reproductive ne sont toujours pas respectés partout et pour toutes, nous poursuivons une réflexion collective sur l’avenir de l’association, son évolution et les prochaines étapes de son engagement.

Lire la charte de l’association.

REJOINDRE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE

🗓️ Mardi 9 juin 2026
🕕 18h
📍 Rue de la Victoire, 26
1060 Saint-Gilles

✨ Cette AG sera l’occasion d’accueillir de nouvelles personnes souhaitant rejoindre la dynamique de la PCNR.

Cotisation

Pour rappel : les membres effectif·ves en ordre de cotisation disposent du droit de vote à l’AG. La cotisation annuelle minimale est de 15 €, à verser sur le compte de la PCNR ou via le lien suivant.
IBAN : BE73 7370 4831 7460
Communication : Cotisation 2026 + prénom/nom

Inscription

Pour vous inscrire à l’AG, il faut payer votre cotisation et vous inscrire via le formulaire suivant.

👉 Si tu es nouvelle et/ou que tu souhaites rejoindre l’AG, merci de nous envoyer un mail décrivant ton parcours et tes motivations.

Rejoindre l’OA de la Plateforme

La Plateforme souhaite redynamiser son organe d’administration afin de soutenir le développement de son action et poursuivre son engagement pour une naissance respectée, les droits des usagèr·es et la lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales.

Nous recherchons des personnes souhaitant s’investir dans une dynamique collective féministe, contribuer aux réflexions stratégiques de l’association et participer concrètement à des projets de plaidoyer, de formation et de transformation des pratiques en santé périnatale.

Nous encourageons particulièrement les candidatures de personnes concernées (usagèr·es) ainsi que de personnes issues de la diversité, afin de renforcer une représentation pluraliste des vécus et des réalités autour de la périnatalité et de la santé sexuelle et reproductive.

👉 Consultez l’appel à candidatures complet et les modalités de candidature.

Nous nous réjouissons de vous rencontrer ou de vous retrouver.

Encore merci à toutes pour votre soutien 💛

Prendre soin des mères, c’est prendre soin de toute la société

« L’important, c’est que bébé aille bien. » Cette phrase, beaucoup de femmes l’ont entendue alors qu’elles tentaient d’exprimer leur détresse ou d’obtenir de l’aide. Le manque de soutien et la difficulté d’être entendue — y compris dans les espaces de soins et d’accompagnement — constituent pourtant des enjeux majeurs de santé publique. Une carte blanche de la Plateforme pour une naissance respectée publiée sur le site Les Grenades.

À l’occasion de la Semaine de la santé mentale maternelle (4 au 10 mai 2026), nous souhaitons rappeler que la santé mentale périnatale ne se résume pas à l’absence de troubles psychiatriques. Elle concerne aussi le bien-être émotionnel, le sentiment de sécurité, la qualité des liens, le soutien social et la possibilité pour les femmes de traverser cette période de vie dans des conditions respectueuses et sécurisantes. La santé maternelle ne se limite donc pas à la prévention des risques physiques et des urgences obstétricales.

Notre système de soins doit évoluer vers des modèles capables de répondre aux besoins globaux des femmes, quels que soient leur lieu de vie, leur situation sociale ou leur parcours.

Lire la carte blanche sur le site des Grenades.

Journée internationale des sages-femmes

Des discours aux actes

Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la santé des femmes, des bébés et des familles. Elles accompagnent, soutiennent, préviennent, écoutent — et permettent des soins plus respectueux et plus adaptés aux besoins réels en termes de santé globale.

Aujourd’hui, les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé sont claires : les modèles de soins portés par les sages-femmes améliorent la santé, réduisent les interventions inutiles et sont plus efficaces pour les systèmes de santé, même dans les pays à hauts revenus.

Bien que des pratiques problématiques — y compris des violences gynécologiques et obstétricales — puissent concerner l’ensemble des professionnel·les de santé et exister dans tous les lieux de soins, ces recommandations s’appuient sur un corpus de données très solide. Celui-ci montre des bénéfices démontrés des soins portés par les sages-femmes, tant en matière de santé que d’expérience des soins, et en particulier en termes de soins périnataux respectueux.

Et pourtant, même en Belgique, les sages-femmes restent insuffisamment reconnues et valorisées. La grande valeur — mais aussi la pénibilité — de leur travail est insuffisamment prise en compte. Beaucoup peinent à vivre de leur métier.



💜 À nos sages-femmes

Chères sages-femmes,

Merci pour votre engagement, votre temps, votre présence à nos côtés,
Merci pour votre travail, tellement précieux, tellement important.

Dans vos cabinets, à l’hôpital, à nos chevets, vous êtes là, à nos côtés.

Merci pour votre écoute, votre patience, vos conseils, mais surtout, merci pour votre soutien et pour tout le respect dont vous nous témoignez. Merci pour votre foi inébranlable en nous et en nos capacités, même lorsqu’elles sont fragilisées.

Merci de prendre position pour nous, de défendre notre autonomie, nos droits, nos choix.
Merci de croire en nous. Vous aussi, vous méritez qu’on croie en vous.

👉 Permettre aux sages-femmes de travailler en autonomie, c’est aussi permettre aux femmes qu’elles accompagnent de reprendre du pouvoir, de faire des choix éclairés, de retrouver de l’autonomie.

Sans sages-femmes respectées, pas de naissance respectée.

Ce que nous demandons

  • le développement de modèles de soins centrés sur les femmes, comme les modèles de soins continus sages-femmes, recommandés au niveau international
  • une reconnaissance réelle du rôle des sages-femmes dans le système de santé, avec une valorisation et un élargissement de leurs compétences à tous les niveaux : structurel, financier, de terrain, académique… sans cela, pas de complémentarité possible au niveau interprofessionnel
  • des financements structurels pour les projets portés par des sages-femmes


Concrètement

👉 Valoriser les sages-femmes ne peut pas se limiter à des messages élogieux un jour par an. Une réelle reconnaissance — et un élargissement des conditions d’exercice — est indispensable pour garantir des soins de qualité, accessibles et respectueux pour toutes les femmes, notamment les plus précarisées.

👉 Vous avez envie de mettre vos compétences au service d’un projet à fort impact social et de porter un plaidoyer pour de meilleures conditions d’accouchement en Belgique ?
📩 N’hésitez pas à nous contacter.



Ressources

VGO en Belgique : une reconnaissance officielle qui appelle des mesures concrètes

Pour la première fois, une définition officielle, construite collectivement et validée par l’ensemble des parties prenantes — associations, professionnel·les de santé et institutions est publiée dans une recommandation de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH). Une étape importante en Belgique.

Le 20 mars 2026, au terme d’une année de concertation, un groupe de travail rassemblant autorités publiques, professionnel·le·s de santé et associations de patientes publiait aujourd’hui une recommandation majeure consacrée à la prévention et à la prise en charge des violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Belgique. Fruitd’une collaboration inédite entre tous les acteurs concernés, cette recommandation fixe les priorités d’une politique coordonnée : renforcer l’information, placer le consentement des patientes au cœur de la prise en charge, améliorer la formation des soignant·e·s, soutenir leurs conditions de travail et consolider la prévention.

La définition

Dans l’avis publié le 20 mars dernier, les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) sont définies comme tout acte, parole, comportement ou omission survenant dans le cadre des soins en santé sexuelle et reproductive qui porte atteinte à l’intégrité physique ou psychologique des patientes. Les VGO y sont décrites comme prenant différentes formes : absence de consentement éclairé, banalisation ou déni de la douleur, propos humiliants, gestes médicaux non justifiés ou encore non-respect des choix des patientes. Ces situations, poursuit-t-on, surviennent à différents moments du parcours de soins, mais aussi plus largement tout au long de la vie des femmes*. Elles peuvent avoir des conséquences durables sur la santé physique et mentale des patientes, mais aussi sur leur confiance dans le système de soins. Les VGO ont également des conséquences sur les professionnel·le·s : être confronté·e·s à des situations de violence parfois exercées contre son gré, en raison de contraintes organisationnelles, institutionnelles ou hiérarchiques, peut entrainer chez les soignant·e·s une détresse émotionnelle et un profond malaise éthique.

Cette reconnaissance constitue une avancée majeure. En nommant des réalités longtemps invisibilisées, cet avis publié au niveau fédéral permet de créer un cadre commun et de poser les bases d’une compréhension partagée de ces violences. Résultat de plusieurs années de mobilisation de la société civile, elles a été endue possible grâce à de nombreux témoignages et à un important travail collectif.

Sept pistes pour améliorer la prévention et la qualité des soins

La recommandation formule plusieurs pistes d’action à destination des autorités fédérales, communautaires et régionales afin de renforcer la prévention et la prise en charge des VGO en Belgique.

Parmi les principales pistes d’action :

  • mieux informer les patientes sur leurs droits en santé sexuelle et reproductive ;
  • renforcer la place des patientes dans les décisions concernant leur santé et le respect du consentement éclairé ;
  • améliorer les dispositifs de médiation et les mécanismes de signalement ;
  • renforcer la formation initiale et continue des professionnel·le·s de santé sur ce thème ;
  • développer la collecte de données et la recherche sur le phénomène ;
  • soutenir les associations actives en santé sexuelle et reproductive qui représentent les patientes ; 
  • améliorer les conditions de travail dans les services de santé sexuelle et reproductive.

L’objectif principal ? Promouvoir une relation de soin fondée sur la confiance, la communication et la prise de décision partagée.

Les organisations impliquées appellent désormais les autorités compétentes à s’appuyer sur cette recommandation pour développer une politique coordonnée de prévention et de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Belgique.

Une étape importante, pas une fin en soi

Pour que les pratiques puissent réellement évoluer sur le terrain, les recommandations qui accompagnent la définition devront se traduire en actions concrètes, en mesures structurelles et en un soutien durable pour les associations qui accompagnent et soutiennent les personnes ayant subi des soins inadéquats. Pour passer de la reconnaissance à la mise en œuvre, il faudra des moyens, du temps et une volonté politique forte. La qualité des soins ne peut être dissociée des conditions dans lesquelles ils sont prodigués : financement des maternités, soutien aux équipes, formation continue, espaces de parole et de supervision, reconnaissance du travail relationnel.

Si nous souhaitons promouvoir un système de santé et une organisation des soins qui tiennent réellement compte des besoins et des réalités des personnes, — condition essentielle à des relations de soin fondées sur la confiance et la prise de décision partagée — il est indispensable de mettre en place des dispositifs durables et égalitaires permettant la représentation des voix des femmes et des personnes concernées, y compris les plus précarisées, dans les politiques publiques et dans les structures. Leurs vécus ne sont pas seulement des témoignages, mais des savoirs essentiels pour comprendre et transformer les pratiques de soins.

En ce qui concerne la périnatalité et les autres phases de la vie sexuelle et reproductive, la confiance dans le système de santé a été mise à mal. Ce n’est pas anodin. Les milliers de témoignages et les plaintes, désormais étayés par une littérature scientifique croissante, montrent que l’écoute et la prise en compte des vécus sont indispensables pour construire — et, lorsque nécessaire, reconstruire — cette confiance.

La publication de cet avis ouvre donc une nouvelle phase. Une phase exigeante, qui demandera de se retrousser les manches collectivement pour faire évoluer les pratiques et garantir des soins réellement respectueux des droits des femmes, notamment en matière de protection, de soutien et d’accompagnement des personnes concernées.

En ce qui nous concerne, nous considérons que cette transformation ne pourra se faire sans un soutien stable et durable aux organisations expertes qui accompagnent, soutiennent et documentent les réalités vécues sur le terrain depuis des années.

Ressources

https://igvm-iefh.belgium.be/fr/documentation/recommandation-relative-lelaboration-dune-politique-en-matiere-de-prevention-et-de

La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins

La Commission européenne vient de publier un document majeur sur les discriminations de genre dans les systèmes de santé. Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) y sont reconnues comme des violences structurelles relevant des droits fondamentaux, appelant des réponses politiques spécifiques. Cette reconnaissance au niveau européen renforce les dynamiques déjà à l’œuvre dans plusieurs États membres, dont la Belgique.

Le document rappelle que la directive européenne sur les violences faites aux femmes impose aux États membres d’enquêter sans délai sur les violences commises à l’encontre des femmes, y compris dans les systèmes de santé, lorsqu’une infraction pénale est suspectée. Au vu de leur prévalence, les violences obstétricales doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de la mise en œuvre de cette directive à partir de 2027. Il insiste également sur l’obligation de prévention et de formation des professionnel·les de santé, en reconnaissant l’existence de biais structurels et de pratiques de dévalorisation des patientes.

Accéder à la publication “Tackling Gender Discrimination and Inequality in Access to Healthcare: scoping possibilities and opportunities for EU” 

La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins

Si cette reconnaissance marque une avancée importante, elle s’inscrit dans un mouvement plus large de visibilisation des VGO comme forme de violence basée sur le genre, porté par les témoignages des personnes concernées, le travail des organisations féministes, une littérature scientifique croissante, et l’engagement croissant des acteurs des soins et des institutions.

Cette dynamique se reflète également au niveau belge. Deux ans après le rapport du Sénat sur l’autodétermination corporelle et les violences gynécologiques et obstétricales, le Parlement bruxellois a adopté récemment un texte reconnaissant explicitement les VGO comme une réalité nécessitant une réponse politique spécifique.

Des mesures et des ressources pour implémenter les changements nécessaires

Ces reconnaissances sont essentielles, mais elles ne constituent qu’un point de départ : sans traduction concrète en politiques publiques, elles risquent de rester symboliques.

Si nommer les violences est une étape indispensable, leur prévention, la transformation des pratiques et des formations, le soutien aux personnes concernées et la responsabilisation des auteur·ices supposent des moyens, des dispositifs adaptés et une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteur·ices impliqué·es dans les soins.

En Belgique comme ailleurs, les avancées institutionnelles sont rendues possibles par un travail collectif mené au sein du secteur. Pour qu’un changement structurel et durable des politiques de santé publique puisse advenir, il est nécessaire d’outiller les professionnel·les, de soutenir les organisations de terrain et de renforcer des partenariats intersectoriels associant les mondes des soins, de la recherche, des institutions publiques et de la société civile.

Aux côtés de nombreuses associations du secteur, dont plusieurs membres de la Coalition Genre et Santé, la Plateforme citoyenne pour une Naissance Respectée contribue depuis plus de dix ans à cette dynamique, à travers des activités de veille, de plaidoyer, de formation et de mise en réseau, en lien avec les acteurs des soins, de la recherche et des institutions publiques.

L’enjeu est désormais que ces avancées se traduisent en mesures concrètes, soutenues par des moyens et une volonté politique à la hauteur des enjeux.



Ressources

“Tackling Gender Discrimination and Inequality in Access to Healthcare: scoping possibilities and opportunities for EU” 

Rapport d’infirmation du Sénat sur le droit à l’autodétermination corporelles et les violences gynécologiques et obstétricales

Formation « Je vois, j’agis. Intervenir en témoin de violences obstétricales »

6 et 13 mars 2026 – Liège

Vous avez déjà été confronté·e à une situation de violences gynécologiques ou obstétricales dans votre pratique, sans savoir comment réagir ?
Vous n’êtes pas seul·e : de nombreux·ses professionnel·les expriment ce besoin d’être outillé·es pour agir, notamment dans des contextes marqués par des rapports de pouvoir, de hiérarchie ou de stress institutionnel.

La formation “Je vois, j’agis” a été conçue pour répondre à ce défi. Co-construite avec des professionnel·les de la périnatalité et des expert·es en prévention des violences basées sur le genre, elle s’appuie sur une méthodologie éprouvée qui vise à élargir la marge d’action individuelle et collective, même dans des situations complexes.

Ce que vous apprendrez

  • Identifier les différentes formes de violences gynécologiques et obstétricales
  • Évaluer la gravité d’une situation grâce au Système des drapeaux
  • Mettre en place des stratégies d’intervention adaptées
  • Agir en tant que témoin, sans vous mettre en danger
  • Soutenir les patientes et renforcer une culture de respect dans vos équipes
  • Développer des pistes d’action individuelles et institutionnelles

Informations pratiques

  • Dates : 6 et 13 mars 2026
  • Horaires : 9h00 – 16h30
  • Lieu : CALIF asbl – Quai Mativa 38, 4020 Liège
  • Public cible : professionnel·les de la périnatalité (groupe de 14 participant·es – places limitées !)
  • Prix : 200 €
  • Intervenantes :
    • Julia De Clerck – Femmes & Santé
    • Dorothée Van Avermaet – Garance
    • Charlotte Verdin – Plateforme citoyenne pour une naissance respectée

Inscriptions

👉 Formulaire en ligne : https://forms.gle/b9cUq9SwrEFEM8US8


Cette formation est une initiative de la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée, en collaboration avec Femmes & Santé et Garance, et avec le soutien de la Région wallonne.

Le manuel « Je vois, j’agis« 

Le manuel combine deux approches complémentaires :

  • Théorie et cadre juridique : pour comprendre les origines systémiques du phénomène, son lien avec les droits humains
  • Outils pratiques : vignettes inspirées de situations réelles, grilles d’analyse accessibles et pistes concrètes pour réagir individuellement ou collectivement.

Intéressé·e par le manuel ?

Vous pouvez téléchargez le manuel et la fiche mémo en PDF.

Commander un manuel papier

Vous pouvez également commander un exemplaire papier via la boutique en ligne de notre partenaire Femmes et santé.

Vous souhaiteriez suivre notre formation mais vous n’êtes pas libre aux dates proposées ?

Ce formulaire vous permet de faire une pré-inscription afin de marquer votre intérêt pour les prochaines formations. Nous reviendrons vers vous par mail avec les informations complémentaires (précision du lieu et dates).

📍Bruxelles ou Wallonie

📅  2 journées

🕛 9h-17h

Nos partenaires et nos bailleurs

Les outils Je vois, j’agis. Intervenir en témoin de violences obstétricales (manuel, fiche et formation) ont été développés par la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée (PCNR), Femmes et Santé et Garance ASBL grâce au soutien de la Région wallonne et de la COCOF.

Briser l’omertà autour des violences gynécologiques et obstétricales

Face à la nouvelle déferlante de témoignages en Flandre, les signataires appellent tous·tes les professionnel·les et organisations concerné·es à se mobiliser et à agir concrètement.

Fin novembre, De Morgen relatait les récits de sept femmes accusant un gynécologue flamand d’agressions sexuelles et d’humiliations. Depuis, plus de deux cent cinquante plaintes ont été déposées au Centre flamand de signalement des comportements transgressifs, certaines visant d’autres prestataires de soins. Cette nouvelle vague de témoignages met en évidence des comportements individuels mais aussi des dysfonctionnements structurels et des failles que le secteur ne peut plus ignorer. La méconnaissance des enjeux liés au genre, le sexisme institutionnel, certaines normes socioprofessionnelles ainsi qu’un vide juridique créent un terrain où toutes sortes de comportements problématiques peuvent passer inaperçus, être banalisés ou minimisés.

.Sept femmes se présentent au centre d’accueil des plaintes pour dénoncer un gynécologue flamand : « J’ai dit stop, deux fois, mais il n’a pas arrêté »
Les témoignages relatés dans le journal belge néerlandophone « Le Morgen » le 22 novembre ont déclenché un tsunami. Plus de 250 plaintes ont été déposées au Vlaams Meldpunt Grensoverschrijdend Gedrag.

Des violences invisibilisées pendant des années

Ces violences auraient pu — et dû — être détectées et sanctionnées il y a longtemps. Les victimes n’ont pu compter que sur elles-mêmes pour trouver un espace sûr, s’organiser et prendre contact avec un journaliste pour faire éclater la vérité. Ces démarches devraient être prises en charge par des dispositifs de protection. Mais elles reposent encore majoritairement sur les épaules des victimes. La plupart des professionnel·les ne sont pas des agresseur·euses, mais le problème demeure : malgré des témoignages massifs (#genoeggezwegen, #payetonutérus, #payetongynéco…), une littérature scientifique qui s’étoffe et des alertes institutionnelles, les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) restent insuffisamment reconnues et prises en charge en Belgique. Comme plus largement, l’ensemble des violences sexistes et sexuelles dans les soins de santé.

Culture du silence et biais de perception

À partir de quel moment un comportement est-il jugé suffisamment grave pour déclencher une intervention ?

Même après des signalements, certaines patientes ont continué à être adressées à certain·es praticien·nes considéré·es comme de « bon·nes médecin·es ». En quoi cela pose-t-il problème ? Le fait que des professionnel·les de la santé puissent continuer à bénéficier d’une forte reconnaissance, et que leurs compétences ne soient pas remises en question alors même que des comportements transgressifs sont connus, alimente un habitus particulier. Certain·es peuvent alors en profiter pour exploiter leur statut et la posture de vulnérabilité spécifique des patientes lors des consultations, notamment pendant les examens gynécologiques (position sur le dos, jambes écartées, parties intimes exposées…), parfois pendant des années, sans jamais être inquiété·es.

Lorsque les patient·es doivent s’exposer physiquement et émotionnellement — ce qui concerne la quasi-totalité des étapes des trajets de soins en santé sexuelle et reproductive — cette vulnérabilité s’accentue, rendant d’autant plus crucial le respect des droits et des bonnes pratiques par les professionnel·les. Si des règles strictes existent (Loi relative aux droits du patient), leur mise en œuvre se heurte à de nombreux obstacles : méconnaissance des droits par les patientes, injonctions et normes genrées, manque de formation ou de connaissance du cadre légal par les professionnel·les, difficultés à traduire la théorie en pratique. Ces limites expliquent qu’un certain nombre de pratiques problématiques — dont des violences sexuelles commises dans le cadre des soins — aient pu se maintenir pendant des années sans être sanctionnées.

Tant que la culture institutionnelle qui tolère et minimise ces comportements ne changera pas, rien ne garantit que de telles dérives ne puissent pas se reproduire. L’adoption de sanctions proportionnées à la gravité des faits, à tous les niveaux (institutionnel, ordinal et pénal), est indispensable pour que cette culture évolue réellement.

Comme souligné dans l’un des témoignages, même des actes “bien intentionnés” peuvent être profondément transgressifs. Reconnaître et nommer ces expériences est un premier pas vers la transformation des pratiques et permet aux personnes concernées de jouer un rôle actif dans l’évolution des soins.

À quand un #metoo en santé ?

Des professionnel·les s’engagent individuellement, et leur investissement est précieux. Cependant, sans transformation structurelle et institutionnelle, ces efforts resteront isolés. Parler de bientraitance ou de soins respectueux n’a aucun sens tant que le problème et ses racines systémiques restent tabous. Nommer, documenter et comprendre la dimension institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales — même lorsqu’elles semblent mineures — est indispensable pour que le secteur évolue réellement. Sans cette reconnaissance, la méfiance envers les prestataires de soins gynécologiques et obstétricaux risque de s’aggraver, avec des conséquences directes sur la prévention, la santé sexuelle et reproductive et le dépistage de maladies graves.

Aujourd’hui, aucune structure ne permet de signaler de manière sûre, centralisée et réellement efficace les violences basées sur le genre — y compris celles qui surviennent en contexte de soins.

Les victimes de VGO et de violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les soins rencontrent de nombreux obstacles pour signaler les violences : sidération, dissociation, peur de ne pas être crues, crainte de revivre des situations traumatisantes ou de subir des représailles… Ces difficultés sont encore plus grandes pour les personnes racisées, trans, en situation de handicap ou ne parlant pas le français. On ne peut pas se contenter de leur demander de porter plainte tant que le reste ne suit pas : elles doivent pouvoir être entendues, accompagnées et savoir que leur démarche pourra conduire à de réelles améliorations — sanctions proportionnées, soutien effectif et intégration des bonnes pratiques dans la formation et sur le terrain. 

Un dispositif sûr et centralisé pour toutes les victimes de violences basées sur le genre

Il est urgent de créer un point d’accès unique, indépendant et clairement identifié, où toutes les personnes victimes de VGO et de VSS en santé puissent être accueillies sans crainte, informées, accompagnées et orientées selon leurs besoins spécifiques.

S’inspirer du Viogen, dispositif espagnol de suivi intégré des violences basées sur le genre, permettrait d’assurer un traitement intelligent et coordonné des signalements : base de données centralisée et sécurisée, détection des schémas récurrents, partage d’information entre services et activation rapide des mécanismes institutionnels nécessaires. Couplé à une campagne publique ambitieuse sur les violences dans les soins, un tel dispositif offrirait enfin aux victimes un repère clair et accessible — et contribuerait à prévenir les comportements abusifs en rendant le sujet visible, compris et pris au sérieux par l’ensemble du personnel de santé.

Responsabilisation et action à tous les niveaux

En février 2024, le Sénat belge approuvait 89 recommandations pour lutter contre les VGO. De nouvelles propositions validées par l’Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur (ARES) ainsi qu’un avis du groupe de travail interfédéral sur les VGO coordonné par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) seront publiés prochainement. Nous invitons tous·tes les acteur·ices concerné·es à prendre connaissance de ces futurs textes et à mettre en œuvre toutes les mesures opérationnelles possibles, qu’elles soient individuelles ou institutionnelles. 

Au niveau européen, le GREVIO pourrait publier une recommandation générale pour reconnaître officiellement les VGO comme forme de violence basée sur le genre, à l’image de ce qui a été fait pour les violences numériques ou pour les féminicides

Viols et violences sexuelles dans le cadre de soins de santé

Vous pensez être victime de comportements sexuels transgressifs et vous cherchez – en toute confidentialité – des informations (gratuites) sur le cadre légal et/ou les possibilités d’action ? Accédez gratuitement et sans engagement à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes via le formulaire de signalement en ligne ou via le numéro gratuit 0800/12 800 (tapez 1) (les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, et le mercredi de 13h à 16h). En dehors de ces heures, vous pouvez laisser un message sur le répondeur afin d’être recontacté·es aussi rapidement que possible.

Si vous êtes ou avez été victime de violence sexuelle dans le cadre de soins, vous pouvez également vous adresser à un professionnel en appelant le numéro gratuit 0800 98 100 ou en envoyant un mail à l’adresse info@sosviol.be  

Soutenir, repérer, intervenir :  ressources pour les témoins de violences obstétricales

La capacité à repérer les transgressions, à analyser ses propres biais et à intervenir de manière adéquate dans un contexte hiérarchisé nécessite des outils spécifiques. Un manuel et une formation élaborés en collaboration avec des professionnel·les de la santé, des chercheur·euses et des représentant·es d’usager·ères afin de fournir des repères clairs et des méthodes pratiques pour ne plus rester les bras croisés face aux violences. “Je vois, j’agis. Intervenir en témoin de violences obstétricales”, des outils proposés par Femmes & Santé, Garance et la PCNR grâce au soutien de la Région wallonne et de la COCOF.

Signataires

La coalition Genre et santé et ses membres

Le CERE – Centre d’Expertises et Recherches sur l’Enfance, la FCPPF – Fédération des Centres Pluralistes  de Planning Familial, Femmes de Droit, Femmes et santé, le GAMS Belgique, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée et le Vrouwenraad.

Autres organisations signataires

Organisations

  1. Aquarelle asbl
  2. Association francophone des doulas de Belgique
  3. Bruxelles Laïque asbl
  4. Centre d’Action Laïque asbl
  5. CEMÉA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active)
  6. Centre de planning familial de La Hulpe, Lasne et Rixensart
  7. Centre de planning familial le Sips, Liège
  8. Centre de Ressources Handicaps et Sexualités
  9. Conseil des femmes francophones de Belgique
  10. Cultures et Santé asbl
  11. Epicentre – Espace de Santé Inclusive 
  12. FiBrom’Out asbl
  13. Hyperemesis Belgium
  14. Isala
  15. La FLCPF – Fédération Laïque de Centres de Planning Familial
  16. La Ligue des familles
  17. FemmesProd
  18. Furia
  19. Garance
  20. Keertij
  21. Observatoire du sida et des sexualités
  22. O’YES
  23. Oxo
  24. Plan International België
  25. Planning familial de Berchem-Ste-Agathe
  26. Plateforme Prévention Sida
  27. Punt.vzw
  28. Naissantiel
  29. Sensoa
  30. Sisters House
  31. Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 
  32. Sofelia
  33. Soralia
  34. Stop VOG
  35. Timoun asbl
  36. Vie Féminine
  37. Wheel of Care

Individus

  1. Hélène Reul, obstétricienne
  2. Julie SPODEN, médecin généraliste et féministe 
  3. Hanan Ben Abdeslam, sage-femme
  4. Stephen O’Brien, médecin généraliste pratiquant des IVG
  5. Paola Hidalgo, chargée de projets en éducation permanente
  6. Pauline Gérard, sexologue et travailleuse de planning familial
  7. Bérangère De Ketele, sexologue en planning familial
  8. Tiphaine Mouquet, enseignante sage-femme
  9. Pauline Soupa, sage-femme
  10. Julie Servais, doctorante en Santé Publique
  11. Elya Almeleh, sage-femme 
  12. Emeline Lejeune, sage-femme
  13. Marie-Hélène Lahaye, juriste et féministe
  14. Chloé Bruggeman, médecin généraliste en planning familial
  15. Fabien Colle, médecin Santé Publique
  16. July Robert, autrice et traductrice
  17. Laura Gaggiottini
  18. Armelle Cornette, médecin généraliste
  19. Charlotte Reul, sage-femme
  20. Elora Zanella, sage-femme
  21. Eric Cavatorta, chef de service associé de pédiatrie-néonatalogie au CHU Marie Curie Charleroi, maître de stage de pédiatrie-néonatologie ULB et ULg
  22. Lucie Richard, enseignante sage-femme
  23. Laktit Fatima, enseignante sage-femme
  24. Dr Samuel Tihon, médecin généraliste
  25. Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité chrétienne
  26. Edwige Vanderstraeten, infirmière en centre pour DPI
  27. Victoria Pujol, chargée de l’accompagnement médical – pôle asile et migration
  28. Raphaël Harunur, infirmier (Maison Médicale : Les Houlpays)
  29. Mbimaketa sarina infirmière au centre DPI Forest 
  30. Cathy Mukandu juriste et Présidente de FiBrom’out 
  31. Bénédicte Homerin, coordinatrice du CPF Genval 
  32. Marie Van Gorp, kinésithérapeute
  33. Marjolaine Girardot, psychologue clinicienne
  34. Haulotte Emmanuel, Gestion, Marconi
  35. Amandine Gillain, doula
  36. Zicot Marie-France, formatrice sur les questions de VBG
  37. Caloch Lisa, assistante sociale & animatrice EVRAS
  38. Marie de le Court, juriste
  39. Patricia Mélotte, psychologue
  40. Clée Jordier, doula communautaire
  41. Chloé De Bon, réalisatrice du documentaire ECHOES sur les VGO
  42. Véronique Decarpentrie, psychologue
  43. Frèrès Marion, médecin généraliste en maison médicale et planning
  44. Charlotte Lequeux, kinésithérapeute 
  45. Florence D’haenens, sage-femme et chercheuse spécialisée dans les modèles de santé périnatale
  46.  Dimitra-MariaVardaki- Assistante Sociale au centre DPI Forest 
  47. Sasse Pierre, Médecin généraliste
  48. Rebecca Marsin, sage-femme et Coordinatrice adjointe de la Sisters House
  49. Clémence Vital Durand, sage-femme
  50. Reine Marcelis
  51. Lucile Gely, kinésithérapeute
  52. Marie Grégoire, infirmière pédiatrique et doula
  53. Christine Lilot, médecin généraliste en centre de planning familial
  54. Noémie Gmür, sexologue et hypnothérapeute
  55. Perle Gillet, médecin généraliste
  56. Hélène Hauwen, accueillante et animatrice EVRAS en centre de planning familial
  57. Mélissa Lienard, présidente d’Hyperemesis Belgium 
  58. Laure-Anne Berny, médecin diplômée de santé publique
  59. Titou Boseret, sage-femme
  60. Donatienne Roels, sage-femme 
  61. Ana Hernandez, sage-femme, chef de département à la Haute Ecole Léonard de Vinci
  62. Julie Vanelstlande, psychologue
  63. Laféac Sophie, sage-femme
  64. Judith Allard
  65. Laurence Mentrop, gynécologue
  66. Katty ALEXANDRIS, doula et haptonome 
  67. Charlotte Maryns, doula et accueillante en maison médicale
  68. Marie Fontaine, doula et consultante en lactation

Cette tribune a été publiée dans le journal belge francophone Le Soir mardi 9 décembre 2025. Elle a récolté plus de 100 signatures dont une grande partie de professionnel·les de la santé.

Croiser expertises et savoirs pour transformer les soins en santé sexuelle et reproductive

Le 2 décembre dernier, le salon Tools for Care a réuni associations, professionnel·les, étudiant·es et usagères autour d’un objectif commun : réfléchir ensemble à ce que pourraient être des soins réellement respectueux en santé sexuelle et reproductive. Ce moment a illustré, de manière très concrète, à quel point les espaces intersectionnels, transdisciplinaires et fondés sur les vécus sont essentiels pour faire évoluer les pratiques.

Aujourd’hui, la formation et l’organisation des soins reposent encore largement sur une logique verticale, centrée sur les savoirs institutionnels ou scientifiques. Or, « apprendre à soigner » demande aussi d’apprendre à écouter, à co-construire et à reconnaître la légitimité de celles et ceux qui vivent les soins. Les approches de simulation humaine, les jeux de rôle avec patientes expertes ou les ateliers collaboratifs contribuent à ce changement culturel : ils renforcent la démocratie sanitaire, encouragent une posture réflexive et rendent visibles les effets de l’asymétrie fonctionnelle dans les soins.

Soutenir et co-construire de nouvelles manières de prendre soin

Les sept ateliers proposés — quiz interactif sur l’application concrète des droits des patient·es sur le terrain, test d’outils pédagogiques, découverte de ressources pour une santé communautaire, escape game interprofessionnel, supports d’accompagnement… — avaient pour but de mettre en lumière la richesse des approches associatives auprès des participant·es. Au-delà de la découverte d’outils, l’après-midi a permis d’ouvrir le dialogue, d’aborder des sujets sensibles et de souligner la nécessité de créer des espaces où les soignant·es peuvent aussi réfléchir à leurs propres besoins et limites, hors des contextes habituels et des sentiers battus.

Cette édition est intervenue dans un contexte où l’actualité belge rappelle, avec force, l’importance d’entendre les voix des personnes concernées et de reconnaître les défaillances structurelles lorsqu’elles apparaissent. Cela confirme une fois encore que l’amélioration des soins passe par une vigilance collective, un ancrage éthique quotidien et une véritable participation des patientes.

Nous remercions chaleureusement tous nos partenaires :

  • en premier lieu, le département Sage-femmes de la Haute École Vinci ;
  • les nombreux·ses intervenant·es et associations qui ont proposé des outils et partagé leur expertise ;
  • les organisations fondatrices de la Coalition Genre et Santé.

Construire des soins respectueux, accessibles, humains et inclusifs ne peut être qu’un travail collectif. Cette démarche suppose une écoute réelle des usager·ères de soins et des personnes concernées. Leurs vécus, leur expertise, leurs besoins et leurs attentes doivent être au cœur des soins.

Nous remercions chaleureusement tou·tes les participant·es présent·es à cet événement.

Crédit photo : Caroline Watillon

Vous vous sentez concerné·e par cette problématique ? Vous aimeriez participer à une groupe d’échange à ce sujet ? Écrivez-nous en envoyant un mail à coalition@naissancerespectee.be !

Se mettre à l’écoute du vécu des femmes : un besoin essentiel et un enjeu de santé publique*

Lors du colloque organisé par réseau belge des études de genre Sophia, la PCNR, Femmes et Santé et la Coalition Genre et Santé ont proposé un espace dédié violences gynécologiques et obstétricales. Un moment puissant, marqué par le partage et la réflexion collective.

Cet atelier intitulé « De l’invisible au collectif : violences, soins et luttes féministes« , nous a permis de réaliser à quel point les personnes concernées avaient besoin de partager leur vécu, d’être entendues et reconnues. Sans ces espaces, elles se retrouvent souvent seules face à ces expériences souvent marquantes et douloureuses. Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) peuvent affecter durablement toutes les dimensions de l’existence — santé mentale, vie intime, familiale, sociale et professionnelle des femmes concernées. Elles constituent, de ce fait, un enjeu non négligeable au niveau de la santé publique.

La littérature scientifique, désormais plus abondante, et la reconnaissance des violences gynécologiques et obstétricales (VGO) comme une forme spécifique de violence — à la croisée des violences médicales et des violences faites aux femmes — par plusieurs instances nationales et internationales (Conseil de l’Europe, Sénat de Belgique, OMS…) renforcent l’urgence d’agir.

La force de nos organisations réside précisément dans la capacité à créer des espaces où les vécus, les savoirs et les analyses se croisent de manière transdisciplinaire. Des espaces où les personnes concernées ne portent plus seules le poids de ce qu’elles ont traversé, et où le collectif devient un levier d’émancipation et de transformation. Pour poursuivre cet engagement et répondre à un besoin social majeur encore trop peu couvert, il est indispensable de disposer de financements structurels. Ceux-ci restent largement insuffisants, notamment en raison de la reconnaissance tardive de cette forme spécifique de violence basée sur le genre et du vide institutionnel qui en découle.

Nous remercions chaleureusement Sophia pour l’organisation de l’événement, ainsi que toutes les personnes présentes, dont les contributions ont fait de cette rencontre un moment d’une rare intensité. La force des échanges et des partages nous a convaincues de la nécessité de faire exister de tels espaces.

Crédit photo : Michelle Geraardyn

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