« L’important, c’est que bébé aille bien. » Cette phrase, beaucoup de femmes l’ont entendue alors qu’elles tentaient d’exprimer leur détresse ou d’obtenir de l’aide. Le manque de soutien et la difficulté d’être entendue — y compris dans les espaces de soins et d’accompagnement — constituent pourtant des enjeux majeurs de santé publique. Une carte blanche de la Plateforme pour une naissance respectée publiée sur le site Les Grenades.
À l’occasion de la Semaine de la santé mentale maternelle (4 au 10 mai 2026), nous souhaitons rappeler que la santé mentale périnatale ne se résume pas à l’absence de troubles psychiatriques. Elle concerne aussi le bien-être émotionnel, le sentiment de sécurité, la qualité des liens, le soutien social et la possibilité pour les femmes de traverser cette période de vie dans des conditions respectueuses et sécurisantes. La santé maternelle ne se limite donc pas à la prévention des risques physiques et des urgences obstétricales.
Notre système de soins doit évoluer vers des modèles capables de répondre aux besoins globaux des femmes, quels que soient leur lieu de vie, leur situation sociale ou leur parcours.
Les sages-femmes jouent un rôle essentiel dans la santé des femmes, des bébés et des familles. Elles accompagnent, soutiennent, préviennent, écoutent — et permettent des soins plus respectueux et plus adaptés aux besoins réels en termes de santé globale.
Aujourd’hui, les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé sont claires : les modèles de soins portés par les sages-femmes améliorent la santé, réduisent les interventions inutiles et sont plus efficaces pour les systèmes de santé, même dans les pays à hauts revenus.
Bien que des pratiques problématiques — y compris des violences gynécologiques et obstétricales — puissent concerner l’ensemble des professionnel·les de santé et exister dans tous les lieux de soins, ces recommandations s’appuient sur un corpus de données très solide. Celui-ci montre des bénéfices démontrés des soins portés par les sages-femmes, tant en matière de santé que d’expérience des soins, et en particulier en termes de soins périnataux respectueux.
Et pourtant, même en Belgique, les sages-femmes restent insuffisamment reconnues et valorisées. La grande valeur — mais aussi la pénibilité — de leur travail est insuffisamment prise en compte. Beaucoup peinent à vivre de leur métier.
💜 À nos sages-femmes
Chères sages-femmes,
Merci pour votre engagement, votre temps, votre présence à nos côtés, Merci pour votre travail, tellement précieux, tellement important.
Dans vos cabinets, à l’hôpital, à nos chevets, vous êtes là, à nos côtés.
Merci pour votre écoute, votre patience, vos conseils, mais surtout, merci pour votre soutien et pour tout le respect dont vous nous témoignez. Merci pour votre foi inébranlable en nous et en nos capacités, même lorsqu’elles sont fragilisées.
Merci de prendre position pour nous, de défendre notre autonomie, nos droits, nos choix. Merci de croire en nous. Vous aussi, vous méritez qu’on croie en vous.
👉 Permettre aux sages-femmes de travailler en autonomie, c’est aussi permettre aux femmes qu’elles accompagnent de reprendre du pouvoir, de faire des choix éclairés, de retrouver de l’autonomie.
Sans sages-femmes respectées, pas de naissance respectée.
Ce que nous demandons
le développement de modèles de soins centrés sur les femmes, comme les modèles de soins continus sages-femmes, recommandés au niveau international
une reconnaissance réelle du rôle des sages-femmes dans le système de santé, avec une valorisation et un élargissement de leurs compétences à tous les niveaux : structurel, financier, de terrain, académique… sans cela, pas de complémentarité possible au niveau interprofessionnel
des financements structurels pour les projets portés par des sages-femmes
Concrètement
👉 Valoriser les sages-femmes ne peut pas se limiter à des messages élogieux un jour par an. Une réelle reconnaissance — et un élargissement des conditions d’exercice — est indispensable pour garantir des soins de qualité, accessibles et respectueux pour toutes les femmes, notamment les plus précarisées.
👉 Vous avez envie de mettre vos compétences au service d’un projet à fort impact social et de porter un plaidoyer pour de meilleures conditions d’accouchement en Belgique ? 📩 N’hésitez pas à nous contacter.
Pour la première fois, une définition officielle, construite collectivement et validée par l’ensemble des parties prenantes — associations, professionnel·les de santé et institutions est publiée dans une recommandation de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH). Une étape importante en Belgique.
Le 20 mars 2026, au terme d’une année de concertation, un groupe de travail rassemblant autorités publiques, professionnel·le·s de santé et associations de patientes publiait aujourd’hui une recommandation majeure consacrée à la prévention et à la prise en charge des violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Belgique. Fruitd’une collaboration inédite entre tous les acteurs concernés, cette recommandation fixe les priorités d’une politique coordonnée : renforcer l’information, placer le consentement des patientes au cœur de la prise en charge, améliorer la formation des soignant·e·s, soutenir leurs conditions de travail et consolider la prévention.
La définition
Dans l’avis publié le 20 mars dernier, les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) sont définies comme tout acte, parole, comportement ou omission survenant dans le cadre des soins en santé sexuelle et reproductive qui porte atteinte à l’intégrité physique ou psychologique des patientes. Les VGO y sont décrites comme prenant différentes formes : absence de consentement éclairé, banalisation ou déni de la douleur, propos humiliants, gestes médicaux non justifiés ou encore non-respect des choix des patientes. Ces situations, poursuit-t-on, surviennent à différents moments du parcours de soins, mais aussi plus largement tout au long de la vie des femmes*. Elles peuvent avoir des conséquences durables sur la santé physique et mentale des patientes, mais aussi sur leur confiance dans le système de soins. Les VGO ont également des conséquences sur les professionnel·le·s : être confronté·e·s à des situations de violence parfois exercées contre son gré, en raison de contraintes organisationnelles, institutionnelles ou hiérarchiques, peut entrainer chez les soignant·e·s une détresse émotionnelle et un profond malaise éthique.
Cette reconnaissance constitue une avancée majeure. En nommant des réalités longtemps invisibilisées, cet avis publié au niveau fédéral permet de créer un cadre commun et de poser les bases d’une compréhension partagée de ces violences. Résultat de plusieurs années de mobilisation de la société civile, elles a été endue possible grâce à de nombreux témoignages et à un important travail collectif.
Sept pistes pour améliorer la prévention et la qualité des soins
La recommandation formule plusieurs pistes d’action à destination des autorités fédérales, communautaires et régionales afin de renforcer la prévention et la prise en charge des VGO en Belgique.
Parmi les principales pistes d’action :
mieux informer les patientes sur leurs droits en santé sexuelle et reproductive ;
renforcer la place des patientes dans les décisions concernant leur santé et le respect du consentement éclairé ;
améliorer les dispositifs de médiation et les mécanismes de signalement ;
renforcer la formation initiale et continue des professionnel·le·s de santé sur ce thème ;
développer la collecte de données et la recherche sur le phénomène ;
soutenir les associations actives en santé sexuelle et reproductive qui représentent les patientes ;
améliorer les conditions de travail dans les services de santé sexuelle et reproductive.
L’objectif principal ? Promouvoir une relation de soin fondée sur la confiance, la communication et la prise de décision partagée.
Les organisations impliquées appellent désormais les autorités compétentes à s’appuyer sur cette recommandation pour développer une politique coordonnée de prévention et de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) en Belgique.
Une étape importante, pas une fin en soi
Pour que les pratiques puissent réellement évoluer sur le terrain, les recommandations qui accompagnent la définition devront se traduire en actions concrètes, en mesures structurelles et en un soutien durable pour les associations qui accompagnent et soutiennent les personnes ayant subi des soins inadéquats. Pour passer de la reconnaissance à la mise en œuvre, il faudra des moyens, du temps et une volonté politique forte. La qualité des soins ne peut être dissociée des conditions dans lesquelles ils sont prodigués : financement des maternités, soutien aux équipes, formation continue, espaces de parole et de supervision, reconnaissance du travail relationnel.
Si nous souhaitons promouvoir un système de santé et une organisation des soins qui tiennent réellement compte des besoins et des réalités des personnes, — condition essentielle à des relations de soin fondées sur la confiance et la prise de décision partagée — il est indispensable de mettre en place des dispositifs durables et égalitaires permettant la représentation des voix des femmes et des personnes concernées, y compris les plus précarisées, dans les politiques publiques et dans les structures. Leurs vécus ne sont pas seulement des témoignages, mais des savoirs essentiels pour comprendre et transformer les pratiques de soins.
En ce qui concerne la périnatalité et les autres phases de la vie sexuelle et reproductive, la confiance dans le système de santé a été mise à mal. Ce n’est pas anodin. Les milliers de témoignages et les plaintes, désormais étayés par une littérature scientifique croissante, montrent que l’écoute et la prise en compte des vécus sont indispensables pour construire — et, lorsque nécessaire, reconstruire — cette confiance.
La publication de cet avis ouvre donc une nouvelle phase. Une phase exigeante, qui demandera de se retrousser les manches collectivement pour faire évoluer les pratiques et garantir des soins réellement respectueux des droits des femmes, notamment en matière de protection, de soutien et d’accompagnement des personnes concernées.
En ce qui nous concerne, nous considérons que cette transformation ne pourra se faire sans un soutien stable et durable aux organisations expertes qui accompagnent, soutiennent et documentent les réalités vécues sur le terrain depuis des années.
La Commission européenne vient de publier un document majeur sur les discriminations de genre dans les systèmes de santé. Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) y sont reconnues comme des violences structurelles relevant des droits fondamentaux, appelant des réponses politiques spécifiques. Cette reconnaissance au niveau européen renforce les dynamiques déjà à l’œuvre dans plusieurs États membres, dont la Belgique.
Le document rappelle que la directive européenne sur les violences faites aux femmes impose aux États membres d’enquêter sans délai sur les violences commises à l’encontre des femmes, y compris dans les systèmes de santé, lorsqu’une infraction pénale est suspectée. Au vu de leur prévalence, les violences obstétricales doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de la mise en œuvre de cette directive à partir de 2027. Il insiste également sur l’obligation de prévention et de formation des professionnel·les de santé, en reconnaissant l’existence de biais structurels et de pratiques de dévalorisation des patientes.
La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins
Si cette reconnaissance marque une avancée importante, elle s’inscrit dans un mouvement plus large de visibilisation des VGO comme forme de violence basée sur le genre, porté par les témoignages des personnes concernées, le travail des organisations féministes, une littérature scientifique croissante, et l’engagement croissant des acteurs des soins et des institutions.
Cette dynamique se reflète également au niveau belge. Deux ans après le rapport du Sénat sur l’autodétermination corporelle et les violences gynécologiques et obstétricales, le Parlement bruxellois a adopté récemment un texte reconnaissant explicitement les VGO comme une réalité nécessitant une réponse politique spécifique.
Des mesures et des ressources pour implémenter les changements nécessaires
Ces reconnaissances sont essentielles, mais elles ne constituent qu’un point de départ : sans traduction concrète en politiques publiques, elles risquent de rester symboliques.
Si nommer les violences est une étape indispensable, leur prévention, la transformation des pratiques et des formations, le soutien aux personnes concernées et la responsabilisation des auteur·ices supposent des moyens, des dispositifs adaptés et une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteur·ices impliqué·es dans les soins.
En Belgique comme ailleurs, les avancées institutionnelles sont rendues possibles par un travail collectif mené au sein du secteur. Pour qu’un changement structurel et durable des politiques de santé publique puisse advenir, il est nécessaire d’outiller les professionnel·les, de soutenir les organisations de terrain et de renforcer des partenariats intersectoriels associant les mondes des soins, de la recherche, des institutions publiques et de la société civile.
Aux côtés de nombreuses associations du secteur, dont plusieurs membres de la Coalition Genre et Santé, la Plateforme citoyenne pour une Naissance Respectée contribue depuis plus de dix ans à cette dynamique, à travers des activités de veille, de plaidoyer, de formation et de mise en réseau, en lien avec les acteurs des soins, de la recherche et des institutions publiques.
L’enjeu est désormais que ces avancées se traduisent en mesures concrètes, soutenues par des moyens et une volonté politique à la hauteur des enjeux.
Face à la nouvelle déferlante de témoignages en Flandre, les signataires appellent tous·tes les professionnel·les et organisations concerné·es à se mobiliser et à agir concrètement.
Fin novembre, De Morgen relatait les récits de sept femmes accusant un gynécologue flamand d’agressions sexuelles et d’humiliations. Depuis, plus de deux cent cinquante plaintes ont été déposées au Centre flamand de signalement des comportements transgressifs, certaines visant d’autres prestataires de soins. Cette nouvelle vague de témoignages met en évidence des comportements individuels mais aussi des dysfonctionnements structurels et des failles que le secteur ne peut plus ignorer. La méconnaissance des enjeux liés au genre, le sexisme institutionnel, certaines normes socioprofessionnelles ainsi qu’un vide juridique créent un terrain où toutes sortes de comportements problématiques peuvent passer inaperçus, être banalisés ou minimisés.
.Sept femmes se présentent au centre d’accueil des plaintes pour dénoncer un gynécologue flamand : « J’ai dit stop, deux fois, mais il n’a pas arrêté » Les témoignages relatés dans le journal belge néerlandophone « Le Morgen » le 22 novembre ont déclenché un tsunami. Plus de 250 plaintes ont été déposées au Vlaams Meldpunt Grensoverschrijdend Gedrag.
Des violences invisibilisées pendant des années
Ces violences auraient pu — et dû — être détectées et sanctionnées il y a longtemps. Les victimes n’ont pu compter que sur elles-mêmes pour trouver un espace sûr, s’organiser et prendre contact avec un journaliste pour faire éclater la vérité. Ces démarches devraient être prises en charge par des dispositifs de protection. Mais elles reposent encore majoritairement sur les épaules des victimes. La plupart des professionnel·les ne sont pas des agresseur·euses, mais le problème demeure : malgré des témoignages massifs (#genoeggezwegen, #payetonutérus, #payetongynéco…), une littérature scientifique qui s’étoffe et des alertes institutionnelles, les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) restent insuffisamment reconnues et prises en charge en Belgique. Comme plus largement, l’ensemble des violences sexistes et sexuelles dans les soins de santé.
Culture du silence et biais de perception
À partir de quel moment un comportement est-il jugé suffisamment grave pour déclencher une intervention ?
Même après des signalements, certaines patientes ont continué à être adressées à certain·es praticien·nes considéré·es comme de « bon·nes médecin·es ». En quoi cela pose-t-il problème ? Le fait que des professionnel·les de la santé puissent continuer à bénéficier d’une forte reconnaissance, et que leurs compétences ne soient pas remises en question alors même que des comportements transgressifs sont connus, alimente un habitus particulier. Certain·es peuvent alors en profiter pour exploiter leur statut et la posture de vulnérabilité spécifique des patientes lors des consultations, notamment pendant les examens gynécologiques (position sur le dos, jambes écartées, parties intimes exposées…), parfois pendant des années, sans jamais être inquiété·es.
Lorsque les patient·es doivent s’exposer physiquement et émotionnellement — ce qui concerne la quasi-totalité des étapes des trajets de soins en santé sexuelle et reproductive — cette vulnérabilité s’accentue, rendant d’autant plus crucial le respect des droits et des bonnes pratiques par les professionnel·les. Si des règles strictes existent (Loi relative aux droits du patient), leur mise en œuvre se heurte à de nombreux obstacles : méconnaissance des droits par les patientes, injonctions et normes genrées, manque de formation ou de connaissance du cadre légal par les professionnel·les, difficultés à traduire la théorie en pratique. Ces limites expliquent qu’un certain nombre de pratiques problématiques — dont des violences sexuelles commises dans le cadre des soins — aient pu se maintenir pendant des années sans être sanctionnées.
Tant que la culture institutionnelle qui tolère et minimise ces comportements ne changera pas, rien ne garantit que de telles dérives ne puissent pas se reproduire. L’adoption de sanctions proportionnées à la gravité des faits, à tous les niveaux (institutionnel, ordinal et pénal), est indispensable pour que cette culture évolue réellement.
Comme souligné dans l’un des témoignages, même des actes “bien intentionnés” peuvent être profondément transgressifs. Reconnaître et nommer ces expériences est un premier pas vers la transformation des pratiques et permet aux personnes concernées de jouer un rôle actif dans l’évolution des soins.
À quand un #metoo en santé ?
Des professionnel·les s’engagent individuellement, et leur investissement est précieux. Cependant, sans transformation structurelle et institutionnelle, ces efforts resteront isolés. Parler de bientraitance ou de soins respectueux n’a aucun sens tant que le problème et ses racines systémiques restent tabous. Nommer, documenter et comprendre la dimension institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales — même lorsqu’elles semblent mineures — est indispensable pour que le secteur évolue réellement. Sans cette reconnaissance, la méfiance envers les prestataires de soins gynécologiques et obstétricaux risque de s’aggraver, avec des conséquences directes sur la prévention, la santé sexuelle et reproductive et le dépistage de maladies graves.
Aujourd’hui, aucune structure ne permet de signaler de manière sûre, centralisée et réellement efficace les violences basées sur le genre — y compris celles qui surviennent en contexte de soins.
Les victimes de VGO et de violences sexistes et sexuelles (VSS) dans les soins rencontrent de nombreux obstacles pour signaler les violences : sidération, dissociation, peur de ne pas être crues, crainte de revivre des situations traumatisantes ou de subir des représailles… Ces difficultés sont encore plus grandes pour les personnes racisées, trans, en situation de handicap ou ne parlant pas le français. On ne peut pas se contenter de leur demander de porter plainte tant que le reste ne suit pas : elles doivent pouvoir être entendues, accompagnées et savoir que leur démarche pourra conduire à de réelles améliorations — sanctions proportionnées, soutien effectif et intégration des bonnes pratiques dans la formation et sur le terrain.
Un dispositif sûr et centralisé pour toutes les victimes de violences basées sur le genre
Il est urgent de créer un point d’accès unique, indépendant et clairement identifié, où toutes les personnes victimes de VGO et de VSS en santé puissent être accueillies sans crainte, informées, accompagnées et orientées selon leurs besoins spécifiques.
S’inspirer du Viogen, dispositif espagnol de suivi intégré des violences basées sur le genre, permettrait d’assurer un traitement intelligent et coordonné des signalements : base de données centralisée et sécurisée, détection des schémas récurrents, partage d’information entre services et activation rapide des mécanismes institutionnels nécessaires. Couplé à une campagne publique ambitieuse sur les violences dans les soins, un tel dispositif offrirait enfin aux victimes un repère clair et accessible — et contribuerait à prévenir les comportements abusifs en rendant le sujet visible, compris et pris au sérieux par l’ensemble du personnel de santé.
Responsabilisation et action à tous les niveaux
En février 2024, le Sénat belge approuvait 89 recommandations pour lutter contre les VGO. De nouvelles propositions validées par l’Académie de Recherche et d’Enseignement supérieur (ARES) ainsi qu’un avis du groupe de travail interfédéral sur les VGO coordonné par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes (IEFH) seront publiés prochainement. Nous invitons tous·tes les acteur·ices concerné·es à prendre connaissance de ces futurs textes et à mettre en œuvre toutes les mesures opérationnelles possibles, qu’elles soient individuelles ou institutionnelles.
Viols et violences sexuelles dans le cadre de soins de santé
Vous pensez être victime de comportements sexuels transgressifs et vous cherchez – en toute confidentialité – des informations (gratuites) sur le cadre légal et/ou les possibilités d’action ? Accédez gratuitement et sans engagement à l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes via le formulaire de signalement en ligne ou via le numéro gratuit 0800/12 800 (tapez 1) (les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h à 12h, et le mercredi de 13h à 16h). En dehors de ces heures, vous pouvez laisser un message sur le répondeur afin d’être recontacté·es aussi rapidement que possible.
Si vous êtes ou avez été victime de violence sexuelle dans le cadre de soins, vous pouvez également vous adresser à un professionnel en appelant le numéro gratuit 0800 98 100 ou en envoyant un mail à l’adresse info@sosviol.be
Soutenir, repérer, intervenir : ressources pour les témoins de violences obstétricales
Le CERE – Centre d’Expertises et Recherches sur l’Enfance, la FCPPF – Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial, Femmes de Droit, Femmes et santé, le GAMS Belgique, la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée et le Vrouwenraad.
Autres organisations signataires
Organisations
Aquarelle asbl
Association francophone des doulas de Belgique
Bruxelles Laïque asbl
Centre d’Action Laïque asbl
CEMÉA (Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active)
Centre de planning familial de La Hulpe, Lasne et Rixensart
Centre de planning familial le Sips, Liège
Centre de Ressources Handicaps et Sexualités
Conseil des femmes francophones de Belgique
Cultures et Santé asbl
Epicentre – Espace de Santé Inclusive
FiBrom’Out asbl
Hyperemesis Belgium
Isala
La FLCPF – Fédération Laïque de Centres de Planning Familial
La Ligue des familles
FemmesProd
Furia
Garance
Keertij
Observatoire du sida et des sexualités
O’YES
Oxo
Plan International België
Planning familial de Berchem-Ste-Agathe
Plateforme Prévention Sida
Punt.vzw
Naissantiel
Sensoa
Sisters House
Synergie Wallonie pour l’égalité entre les femmes et les hommes
Sofelia
Soralia
Stop VOG
Timoun asbl
Vie Féminine
Wheel of Care
Individus
Hélène Reul, obstétricienne
Julie SPODEN, médecin généraliste et féministe
Hanan Ben Abdeslam, sage-femme
Stephen O’Brien, médecin généraliste pratiquant des IVG
Paola Hidalgo, chargée de projets en éducation permanente
Pauline Gérard, sexologue et travailleuse de planning familial
Bérangère De Ketele, sexologue en planning familial
Tiphaine Mouquet, enseignante sage-femme
Pauline Soupa, sage-femme
Julie Servais, doctorante en Santé Publique
Elya Almeleh, sage-femme
Emeline Lejeune, sage-femme
Marie-Hélène Lahaye, juriste et féministe
Chloé Bruggeman, médecin généraliste en planning familial
Fabien Colle, médecin Santé Publique
July Robert, autrice et traductrice
Laura Gaggiottini
Armelle Cornette, médecin généraliste
Charlotte Reul, sage-femme
Elora Zanella, sage-femme
Eric Cavatorta, chef de service associé de pédiatrie-néonatalogie au CHU Marie Curie Charleroi, maître de stage de pédiatrie-néonatologie ULB et ULg
Lucie Richard, enseignante sage-femme
Laktit Fatima, enseignante sage-femme
Dr Samuel Tihon, médecin généraliste
Elise Derroitte, vice-présidente de la Mutualité chrétienne
Edwige Vanderstraeten, infirmière en centre pour DPI
Victoria Pujol, chargée de l’accompagnement médical – pôle asile et migration
Raphaël Harunur, infirmier (Maison Médicale : Les Houlpays)
Mbimaketa sarina infirmière au centre DPI Forest
Cathy Mukandu juriste et Présidente de FiBrom’out
Bénédicte Homerin, coordinatrice du CPF Genval
Marie Van Gorp, kinésithérapeute
Marjolaine Girardot, psychologue clinicienne
Haulotte Emmanuel, Gestion, Marconi
Amandine Gillain, doula
Zicot Marie-France, formatrice sur les questions de VBG
Le 2 décembre dernier, le salon Tools for Care a réuni associations, professionnel·les, étudiant·es et usagères autour d’un objectif commun : réfléchir ensemble à ce que pourraient être des soins réellement respectueux en santé sexuelle et reproductive. Ce moment a illustré, de manière très concrète, à quel point les espaces intersectionnels, transdisciplinaires et fondés sur les vécus sont essentiels pour faire évoluer les pratiques.
Aujourd’hui, la formation et l’organisation des soins reposent encore largement sur une logique verticale, centrée sur les savoirs institutionnels ou scientifiques. Or, « apprendre à soigner » demande aussi d’apprendre à écouter, à co-construire et à reconnaître la légitimité de celles et ceux qui vivent les soins. Les approches de simulation humaine, les jeux de rôle avec patientes expertes ou les ateliers collaboratifs contribuent à ce changement culturel : ils renforcent la démocratie sanitaire, encouragent une posture réflexive et rendent visibles les effets de l’asymétrie fonctionnelle dans les soins.
Soutenir et co-construire de nouvelles manières de prendre soin
Cette édition est intervenue dans un contexte où l’actualité belge rappelle, avec force, l’importance d’entendre les voix des personnes concernées et de reconnaître les défaillances structurelles lorsqu’elles apparaissent. Cela confirme une fois encore que l’amélioration des soins passe par une vigilance collective, un ancrage éthique quotidien et une véritable participation des patientes.
Nous remercions chaleureusement tous nos partenaires :
en premier lieu, le département Sage-femmes de la Haute École Vinci ;
les nombreux·ses intervenant·es et associations qui ont proposé des outils et partagé leur expertise ;
les organisations fondatrices de la Coalition Genre et Santé.
Construire des soins respectueux, accessibles, humains et inclusifs ne peut être qu’un travail collectif. Cette démarche suppose une écoute réelle des usager·ères de soins et des personnes concernées. Leurs vécus, leur expertise, leurs besoins et leurs attentes doivent être au cœur des soins.
Nous remercions chaleureusement tou·tes les participant·es présent·es à cet événement.
Crédit photo : Caroline Watillon
Vous vous sentez concerné·e par cette problématique ? Vous aimeriez participer à une groupe d’échange à ce sujet ? Écrivez-nous en envoyant un mail à coalition@naissancerespectee.be !
Lors du colloque organisé par réseau belge des études de genre Sophia, la PCNR, Femmes et Santé et la Coalition Genre et Santé ont proposé un espace dédié violences gynécologiques et obstétricales. Un moment puissant, marqué par le partage et la réflexion collective.
Cet atelier intitulé « De l’invisible au collectif : violences, soins et luttes féministes« , nous a permis de réaliser à quel point les personnes concernées avaient besoin de partager leur vécu, d’être entendues et reconnues. Sans ces espaces, elles se retrouvent souvent seules face à ces expériences souvent marquantes et douloureuses. Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) peuvent affecter durablement toutes les dimensions de l’existence — santé mentale, vie intime, familiale, sociale et professionnelle des femmes concernées. Elles constituent, de ce fait, un enjeu non négligeable au niveau de la santé publique.
La littérature scientifique, désormais plus abondante, et la reconnaissance des violences gynécologiques et obstétricales (VGO) comme une forme spécifique de violence — à la croisée des violences médicales et des violences faites aux femmes — par plusieurs instances nationales et internationales (Conseil de l’Europe, Sénat de Belgique, OMS…) renforcent l’urgence d’agir.
La force de nos organisations réside précisément dans la capacité à créer des espaces où les vécus, les savoirs et les analyses se croisent de manière transdisciplinaire. Des espaces où les personnes concernées ne portent plus seules le poids de ce qu’elles ont traversé, et où le collectif devient un levier d’émancipation et de transformation. Pour poursuivre cet engagement et répondre à un besoin social majeur encore trop peu couvert, il est indispensable de disposer de financements structurels. Ceux-ci restent largement insuffisants, notamment en raison de la reconnaissance tardive de cette forme spécifique de violence basée sur le genre et du vide institutionnel qui en découle.
Nous remercions chaleureusement Sophia pour l’organisation de l’événement, ainsi que toutes les personnes présentes, dont les contributions ont fait de cette rencontre un moment d’une rare intensité. La force des échanges et des partages nous a convaincues de la nécessité de faire exister de tels espaces.
Crédit photo : Michelle Geraardyn
Vous vous sentez concerné·e par cette problématique ? Vous aimeriez participer à une groupe d’échange à ce sujet ? Écrivez-nous en envoyant un mail à coalition@naissancerespectee.be !
En ce jour du 45e anniversaire de la Convention internationale pour l’Élimination de la Discrimination à l’égard des Femmes (CEDAW) ainsi qu’en cette journée internationale des migrant·e·s, la Plateforme nationale représentative de la société civile belge, dont la Plateforme citoyenne pour une naissance respectée fait partie publie une série de recommandations au sujet de la mise en œuvre du dernier plan d’action contre les violences basées sur le genre (PAN 2021-2025).L’occasion d’exprimer sa vive inquiétude concernant le manque de moyens alloués au secteur associatif, inquiétude déjà partagée par le GREVIO dans son rapport d’évaluation de 2020. Alors que les négociations pour former le futur gouvernement fédéral sont en cours, la Plateforme invite les autorités à faire de cet enjeu de société majeur une priorité à tous les niveaux de pouvoir.
La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée (PCNR) a obtenu début 2024 un agrément pour une durée de cinq ans. Financé par l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, cet agrément a pour objectif de permettre à six associations membres de former une coalition sur le thème « Genre et santé ».
La PCNR a pour mission coordonner les travaux et rassembler les diverses associations membres autour de la thématique choisie. Pour ce faire, elle a engagé Charlotte Verdin, une de ses membres en juillet. Vous pouvez lui adresser toute demande en lien avec les projets de la coalition via la boîte mail dédiée coalition@naissancerespectee.be.
Outre la PCNR, les associations membres de la coalition sont les suivantes :
le CERE (Centre d’Expertise et de Ressources pour l’Enfance), centre d’éducation permanente et de recherche dans le domaine de l’enfance (0-18 ans), qui vise à promouvoir la dignité et l’égalité des enfants. https://www.cere-asbl.be
la Fédération des Centres Pluralistes de Planning Familial (FCPPF), qui représente 26 centres de planning familial affiliés sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles et produit des outils pédagogiques et/ou de services en lien avec l’EVRAS (Éducation à la Vie Relationnelle, Affective et Sexuelle). https://fcppf.be
Femmes de Droit, une association belge de soutien et de promotion des droits des femmes https://femmesdedroit.be
le GAMS Belgique (Groupe pour l’Abolition des Mutilations sexuelles Féminines), créé en 1996 par Khadidiatou Diallo afin de lutter pour l’abolition des mutilations génitales féminines (MGF) en Belgique et dans le reste du monde. https://gams.be
le Vrouwenraad, branche néerlandophone du Conseil national des femmes belges (CNFB), ou Nationale Vrouwenraad van Belgïe, créé en 1905. C’est une organisation coupole qui regroupe diverses associations féministes. https://vrouwenraad.be/
Six autres coalitions ont été financées pour 2024-2028 afin de travailler sur les questions de genre en lien avec les thématiques suivantes : migration, justice, indépendance socio-économique et égalité des genres.
D’autres missions ont été confiées au secteur associatif par l’Institut pour l’Égalité des femmes et des hommes, parmi lesquelles :
la conservation et la valorisation des archives de l’histoire des femmes et de la politique de l’égalité des genres en Belgique (Centre d’archives et de recherche sur l’histoire des femmes asbl/ Archief-en Onderzoekcentrum voor vrouwengeschiedenis vzw),
la documentation dans le domaine de l’égalité des genres (RoSa vzw et l’Université des Femmes),
le réseautage et de dissémination d’informations dans le domaine des études de genre (Sophia asbl/vzw),
le lieu de rencontre, de rassemblement et de soutien aux organisations oeuvrant pour l’égalité des genres (Amazone asbl/vzw).
La Plateforme citoyenne pour une naissance respectée s’est associée à un courrier adressé à la présidente de la Commission Européenne, Ursula von der Leyen, ce 23 octobre.
Co-signé par de nombreuses organisations de la société civile, des professionnels de santé et des membres du monde académique, la lettre exhorte la Commission à adopter urgemment la recommandation européenne sur la prévention des pratiques préjudiciables à l’égard des femmes et des filles. Elle rappelle à cet égard les engagements pris dans le cadre de la Stratégie en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes et la Stratégie d’égalité LGBTIQ pour la période 2020-2025.
Les quelques 80 signataires demandent notamment à la Commission européenne de s’assurer que la Recommandation contienne des conseils aux états membres en matière de lutte contre les violences gynécologiques et obstétricales. Ils soulignent le contenu des récents rapports indépendants commandés par la Commission européenne et le Parlement européen sur le sujet, tant en ce qui concerne la généralisation des VGO à travers l’Europe que les conséquences de ces pratiques sur la santé physique et mentale des femmes.
Nous vous invitons à prendre connaissance du courrier dans sa totalité ici.
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