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La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins

La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins

15 novembre 2025

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La Commission européenne vient de publier un document majeur sur les discriminations de genre dans les systèmes de santé. Les violences gynécologiques et obstétricales (VGO) y sont reconnues comme des violences structurelles relevant des droits fondamentaux, appelant des réponses politiques spécifiques. Cette reconnaissance au niveau européen renforce les dynamiques déjà à l’œuvre dans plusieurs États membres, dont la Belgique.

Le document rappelle que la directive européenne sur les violences faites aux femmes impose aux États membres d’enquêter sans délai sur les violences commises à l’encontre des femmes, y compris dans les systèmes de santé, lorsqu’une infraction pénale est suspectée. Au vu de leur prévalence, les violences obstétricales doivent faire l’objet d’une attention particulière lors de la mise en œuvre de cette directive à partir de 2027. Il insiste également sur l’obligation de prévention et de formation des professionnel·les de santé, en reconnaissant l’existence de biais structurels et de pratiques de dévalorisation des patientes.

Accéder à la publication “Tackling Gender Discrimination and Inequality in Access to Healthcare: scoping possibilities and opportunities for EU” 

La reconnaissance institutionnelle des violences gynécologiques et obstétricales : un levier majeur pour agir contre les inégalités dans les soins

Si cette reconnaissance marque une avancée importante, elle s’inscrit dans un mouvement plus large de visibilisation des VGO comme forme de violence basée sur le genre, porté par les témoignages des personnes concernées, le travail des organisations féministes, une littérature scientifique croissante, et l’engagement croissant des acteurs des soins et des institutions.

Cette dynamique se reflète également au niveau belge. Deux ans après le rapport du Sénat sur l’autodétermination corporelle et les violences gynécologiques et obstétricales, le Parlement bruxellois a adopté récemment un texte reconnaissant explicitement les VGO comme une réalité nécessitant une réponse politique spécifique.

Des mesures et des ressources pour implémenter les changements nécessaires

Ces reconnaissances sont essentielles, mais elles ne constituent qu’un point de départ : sans traduction concrète en politiques publiques, elles risquent de rester symboliques.

Si nommer les violences est une étape indispensable, leur prévention, la transformation des pratiques et des formations, le soutien aux personnes concernées et la responsabilisation des auteur·ices supposent des moyens, des dispositifs adaptés et une mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteur·ices impliqué·es dans les soins.

En Belgique comme ailleurs, les avancées institutionnelles sont rendues possibles par un travail collectif mené au sein du secteur. Pour qu’un changement structurel et durable des politiques de santé publique puisse advenir, il est nécessaire d’outiller les professionnel·les, de soutenir les organisations de terrain et de renforcer des partenariats intersectoriels associant les mondes des soins, de la recherche, des institutions publiques et de la société civile.

Aux côtés de nombreuses associations du secteur, dont plusieurs membres de la Coalition Genre et Santé, la Plateforme citoyenne pour une Naissance Respectée contribue depuis plus de dix ans à cette dynamique, à travers des activités de veille, de plaidoyer, de formation et de mise en réseau, en lien avec les acteurs des soins, de la recherche et des institutions publiques.

L’enjeu est désormais que ces avancées se traduisent en mesures concrètes, soutenues par des moyens et une volonté politique à la hauteur des enjeux.



Ressources

“Tackling Gender Discrimination and Inequality in Access to Healthcare: scoping possibilities and opportunities for EU” 

Rapport d’infirmation du Sénat sur le droit à l’autodétermination corporelles et les violences gynécologiques et obstétricales