Ce lundi 18 mai marque le premier jour la semaine internationale de l’accouchement respecté. À cette occasion nous partagerons divers témoignages sur le thème “Birth Loud & Birth Proud”, afin de visibiliser des réalités diverses vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.
“Après l’accouchement, j’avais très mal. J’arrivais pas à tenir Raphaël. On n’arrêtait pas de me dire que c’était normal. Même ma mère qui était avec moi, elle disait : mais c’est comme ça que l’accouchement va. Mais surtout la gynécologue, les infirmières, sauf une… Mais j’ai insisté, j’ai dit : ça ne va pas. J’avais accouché vers 11h du matin, et il était 19h ou 20 h. J’ai insisté pour voir mon gynéco et quand il est arrivé, il a dit : OK, on descend en salle d’op. Il y avait encore des restes du placenta qui devait sortir et je saignais beaucoup trop. Mais on me disait que c’était normal.
Je suis fière de m’être écoutée malgré tout le monde qui me disait que c’était normal. Après, je suis redescendue, on m’a opérée. Je suis fière de m’être écoutée, d’avoir insisté pour qu’on me soigne.
Écouter son intuition, c’est important. C’est plus facile quand on est entourée de personnes qui vivent ou qui ont vécu la même chose que nous, car on se comprend, on partage nos conseils, on se soutient.«
C’est un truc que j’ai appris durant ma grossesse, en me renseignant sur internet, mais surtout en discutant avec mes amies : il faut s’informer, s’éduquer, apprendre à se faire confiance.
Être écoutée ne devrait pas être un combat.
Aujourd’hui encore, trop de femmes racontent ne pas avoir été écoutées lorsqu’elles exprimaient leur douleur, leurs inquiétudes ou leurs besoins dans le cadre des soins. Ce manque d’écoute est encore renforcé lorsque les femmes sont racisées, handicapées ou issues d’un groupe minorisé.
Nous ne devrions pas devoir demander aux femmes de faire ce qu’il faut pour “se faire entendre”. Écouter, croire, informer et respecter les patientes est une obligation, pas un luxe. Divers facteurs, comme le manque de temps et de moyens mettent une pression sur les soignant·es qui disposent de moins en moins de ressources pour exercer leur métier de manière respectueuse. L’organisation et le financement des soins de santé est un enjeu capital. L’accès à la santé pour tou·tes n’est pas négociable !
Pour en savoir plus sur les discriminations dans les soins de santé, nous vous proposons de lire l’article « Racisme et pratiques de la médecine » paru dans la revue Ethica Clinica et publié sur le site d’UNIA.
À propos de Gisèle
Gisèle dit qu’elle a des ami·es en or. Alors, elle se dit que peut-être elle-même est aussi quelqu’un de bien. Gisèle a un rêve : que le Rwanda, le pays dont elle est originaire, puisse un jour trouver la paix. Gisèle aime le cinéma et lire des romans. Elle aime écrire, même si ça fait longtemps qu’elle n’a pas eu l’occasion de le faire. Elle est maman de Raphaël, un petit garçon de 6 ans.
Faire entendre nos voix, accoucher avec fierté
Cette campagne s’inscrit dans le cadre de la Semaine internationale pour des naissances respectées, une initiative du European Network of Childbirth Associations (ENCA), un réseau européen d’associations engagées autour de la naissance et des droits des personnes qui accouchent. Le thème de cette année, “Birth Loud & Birth Proud”, invite à rendre visibles les expériences, les voix et les réalités vécues autour de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum.
Nothing about us without us
Cette semaine, nous mettons en lumière des récits de personnes et des expériences diverses autour des trajets de grossesse, de post-partum d’accouchement. Visibiliser des réalités différentes et des vécus complexes autour de cette période est un défi. Aucune campagne ne pourra représenter toutes les expériences. Nous essayons malgré tout d’ouvrir des espaces et de faire résonner les voix des personnes concernées car nous sommes persuadées que les femmes et personnes enceintes sont les premières expertes de leur corps. Leurs ressentis, leurs savoirs, leurs vécus et leurs besoins comptent. Le rôle de la société, des professionnel·les et des institutions est de leur offrir le respect, les ressources et le soutien nécessaires pour qu’elles puissent nourrir leur confiance en elles et accueillir et prendre soin de leur nouveau-né dans de bonnes conditions.
Se mettre à leur écoute est la meilleure manière de faire évoluer notre société et nos institutions pour des soins toujours plus respectueux des droits des usagères.
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