Lettre ouverte à Madame la ministre Maggie De Block

La Plateforme pour une Naissance respectée n’est pas opposée à la réduction du séjour en maternité, mais veut attirer l’attention des acteurs
concernés et de la ministre de la santé sur l’importance de prendre en compte les besoins des femmes et des nouveau-nés avant, pendant et dans les jours qui suivent la naissance.

Une politique positive de promotion de la santé

Pour la plateforme, qui réunit des usagers et des professionnels de la naissance, le retour précoce à la maison ou l’accouchement à domicile sont des solutions valables si elles tiennent compte des besoins des femmes et des nouveau-nés, pour lesquels un accompagnement adapté, une information complète et transparente et un choix éclairé sont essentiels.
Il est tout à fait possible de réduire les couts des soins de santé en appliquant une politique positive de promotion de la santé, d’information, de sensibilisation des professionnels. Un accompagnement de qualité tout le long de la grossesse, de l’accouchement et du post-partum permet de limiter le nombre d’interventions médicales et donc les couts de soins de santé pour l’Etat et pour les familles.

La voix des usagères

Les membres de la plateforme ont à plusieurs reprises sollicité une rencontre avec la ministre de la santé.
Il nous semble primordial que la voix des femmes, des parents soit entendue au même titre que les autres acteurs de la naissance, lors de la conception et de la mise en œuvre des projets pilotes et des politiques annoncées. Nous appelons à la prudence quant aux dérives potentielles des mesures existantes et qui
seront mises en place, notamment toutes les pratiques qui visent à améliorer les statistiques des lieux de naissance sans améliorer la santé et le bien-être des femmes et des nouveau-nés.
Concrètement, pour la plateforme, quel que soit le lieu d’accouchement choisi:
• Les femmes doivent être informées de façon complète et précise sur leurs droits avant, pendant et après la naissance.
• Il faut suivre les recommandations du KCE et de l’OMS par rapport à l’accompagnement de la femme et du nouveau-né avant, pendant et après l’accouchement.
• La durée du séjour en maternité ne pourra être raccourcie qu’après avoir renforcé le suivi à domicile par des professionnels qualifiés (un suivi post-natal de qualité demande du temps, c’est ce temps investi qui permet de prévenir des complications éventuelles).
• Des critères donnant droit au remboursement de jours supplémentaires en maternité doivent être définis.
Un bébé avec un petit poids de naissance, une femme isolée, l’état de santé de la mère – liste non exhaustive – doivent être pris en compte.
• Des moyens (aides familiales par exemple) doivent être prévus pour soutenir les femmes, notamment celles qui n’ont pas de soutien de l’entourage pour s’occuper des tâches domestiques et/ou du soin aux autres enfants, pendant au moins 2 semaines après le retour à domicile.

Valoriser l’expérience existante

Nous défendons résolument la liberté de choix des parents. La diversité des alternatives disponibles pour donner naissance permet par ailleurs de réduire les coûts, car un accouchement accompagné par une sage-femme chez les femmes «à bas risque» entraine moins d’interventions comme l’étude Birth place menée en Angleterre sur plus de 79.000 naissances l’a démontré.
Ces options sont déjà toutes existantes en Belgique et peuvent donc être étudiées sur base d’expériences concrètes, sans devoir attendre la mise en place de projets-pilotes: accès aux plateaux techniques des hôpitaux par des Sages-femmes libérales, accouchement en maison de naissance (la maison de naissance de Namur existe depuis 10 ans), unités gérées de façon autonome par des sages-femmes au sein d’un hôpital (comme le Cocon, qui existe depuis mars
2014), accouchements à domicile assistés par une sage-femme. Ces différentes options sont caractérisées notamment par le respect du rythme propre à chaque naissance, et un suivi personnalisé des mères.

Pour télécharger la lettre ouverte en version PDF: Réduction du séjour à la maternité: écoutez les parents !